Les jeunes connaissent les plus forts taux de chômage et de pauvreté, a déploré le président de la République, le 29 septembre, lors de la présentation, de son plan « agir pour la jeunesse » (consulter le plan). Pour lutter contre ce fléau, Nicolas Sarkozy a annoncé toute une série de mesures, inspirées pour partie des recommandations du livre vert présenté en juillet dernier par le haut-commissaire à la Jeunesse, et destinées à compléter le plan de mobilisation pour l’emploi des jeunes.
Le coût de ce plan s’élèvera pour 2010 à 460 millions d’euros, dont 250 millions pour financer l’extension du RSA.
Le président de la République appelle à « poursuivre les efforts pour l’accès des jeunes à l’emploi ». Cet objectif s’appuie sur quatre séries de mesures.
• Développer la formation en alternance. Pour rendre l’apprentissage plus attractif, le statut de l’apprenti sera amélioré afin qu’il soit aussi avantageux que celui des étudiants. Nicolas Sarkozy évoque notamment l’ouverture du dispositif Erasmus aux apprentis. Par ailleurs, la Fonction publique, qui compte actuellement « moins de 6 000 apprentis », devra s’ouvrir à l’apprentissage. Enfin, l’alternance devrait être développée en fin de cursus universitaire.
• Autoriser les prérecrutements. Nicolas Sarkozy demande aux partenaires sociaux d’engager des négociations afin de définir un cadre juridique permettant aux entreprises qui le souhaitent de proposer à des jeunes de financer leurs études contre un engagement de suivre la formation et de travailler ensuite dans l’entreprise, pendant une durée limitée. Nicolas Sarkozy voit dans ce dispositif un moyen pour les entreprises de planifier leur recrutement, une source de revenu pour les centres de formation et d’apprentissage, ainsi qu’une garantie d’emploi pour le jeune à l’issue de ses études.
• Renforcer le Civis (contrat d’insertion dans la vie sociale) pour mieux accompagner les jeunes en difficulté. Le montant de l’allocation du Civis sera « significativement » augmenté et l’accompagnement des jeunes sera renforcé (tout comme les devoirs auxquels ils sont astreints).
• Interdire les stages « hors cursus ». Le président de la République a rappelé l’introduction dans le projet de loi sur l’orientation et la formation, actuellement en cours d’adoption devant le Parlement, de l’interdiction des stages hors cursus afin de limiter les abus et éviter que les stages ne se substituent à l’emploi salarié.
Proposition phare du livre vert sur la politique de la jeunesse, l’extension du RSA aux jeunes ayant exercé une activité professionnelle est confirmée par le président de la République, qui précise que « l’intention n’est pas de créer un RMI jeunes, qui en ferait des assistés », mais de valoriser les jeunes qui ont fait le choix de travailler. Ainsi, le RSA sera réservé aux jeunes de moins de 25 ans qui ont travaillé au moins deux ans sur une période de trois ans.
Autre mesure destinée à aider les jeunes à s’assumer financièrement : l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé sera doublée, passant de 100 à 200 euros.
Nicolas Sarkozy souhaite la mise en place d’un véritable service public de l’orientation offrant à chaque jeune son autonomie et la possibilité de choisir progressivement son orientation professionnelle dès le début du lycée et de revenir librement sur son choix.
Évoquant un droit à la formation entre 16 et 18 ans, le président affirme qu’« aucun jeune ne devra, jusqu’à ses 18 ans, être laissé hors de tout système de formation », s’il n’a pas d’emploi. « Tout doit être fait pour repérer les décrocheurs » de 16 à 18 ans, afin que les 120 000 jeunes qui quittent le système éducatif sans qualification soient suivis et se voient proposer une formation ou un emploi. Chaque jeune sera suivi par un référent dans le cadre d’un parcours de réinsertion qui sera contractualisé entre les missions locales et le jeune. S’il respecte ses engagements en termes de formation, il pourra se voir attribuer des aides personnalisées. Au contraire, « ceux qui ne suivront pas de formation n’auront rien », a précisé le président de la République.
Martin Hirsch se voit confier la mission de développer en 2010 et 2011 des expérimentations visant à « accroître le taux d’emploi des jeunes », avec une enveloppe de 50 millions d’euros.
Trois types d’outils seront testés :
– pour les 16-18 ans « décrocheurs » : des parcours de réinsertion dès le début 2010 ;
– pour les 18-25 ans, peu qualifiés ou au chômage depuis une longue durée : un accompagnement intensif dans le cadre duquel le jeune qui accepte toute offre de formation ou d’emploi proposée par son référent bénéficiera d’une garantie minimale de ressources (environ 250 euros par mois) ;
– pour les 18-25 ans : un mécanisme de dotation d’autonomie, permettant au jeune qui le souhaite de bénéficier lui-même d’une partie des aides publiques aujourd’hui attribuées à ses parents (allocations familiales). Dans ce cadre, le jeune aura la possibilité de financer des dépenses préalablement définies, telles qu’une formation ou le permis de conduire.
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