Actualités sociales et RH
Emploi
Une feuille de route fournie pour le futur commissaire européen chargé de l’Emploi
Le prochain commissaire chargé de l’Emploi et des Affaires sociales devra convaincre les États membres de renforcer leur coopération pour faire face aux conséquences sociales de la crise.
Il est nécessaire d’« accorder une attention nouvelle et beaucoup plus soutenue à la dimension sociale en Europe », expliquait José Manuel Barroso en demandant son investiture devant le Parlement européen.
Un message que devra entendre le futur commissaire à l’Emploi et aux Affaires sociales qui remplacera sans doute le peu charismatique ancien Premier ministre tchèque Vladimir Spidla. « D’autant plus que, indique Jakob von Weizsäcker, économiste, dans un mémo adressé à la nouvelle Commission européenne par le think?tank européen Bruegel, il sera confronté à une demande croissante d’Europe sociale dans un environnement qui rendra encore plus difficile d’y répondre favorablement. »
Renforcer la flexicurité
Que peut faire le futur commissaire qui prendra ses fonctions au moment où le taux de chômage dans l’UE atteindra un pic ? Le premier conseil de Bruegel est de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Car plus les pays auront introduit de flexibilité dans leur marché du travail, ce qui aura permis d’augmenter efficacement le taux d’emploi en période de croissance, plus ils seront confrontés à une montée rapide du chômage et à une éventuelle remise en cause de la flexicurité.
En effet, l’un des principes phares de la flexicurité, qui « est la réallocation des travailleurs des secteurs en déclin vers les secteurs en croissance, risque d’être largement inapproprié tant que la reprise économique ne sera pas au rendez-vous », analyse Jakob von Weizsäcker.
« En d’autres termes, la flexibilité signifiera que les gens vont perdre leur emploi encore plus vite », résume-t-il. Par conséquent, le commissaire devrait convaincre les États membres d’agir de concert pour faire face aux conséquences sociales de la crise et adapter la flexicurité en mettant en place des mécanismes de sécurisation, comme le recours au chômage partiel ou l’attribution d’un revenu minimum d’activité.
Mais si ces derniers ne sont pas prêts à travailler ensemble pour renforcer la flexicurité, il reste une alternative au commissaire : les laisser gérer eux-mêmes les conséquences de la crise et concentrer l’effort communautaire sur les enjeux à long terme.
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