Les 33 000 salariés de Rexel, dont 5 000 en France, sont impatients. Ils attendent la reprise d’un plan d’actionnariat salarié, le second du genre depuis l’entrée du groupe en bourse. Une opération lancée l’année dernière avait été suspendue, pour cause de crise financière et d’incertitude des marchés. Elle prévoyait une augmentation de capital limitée à 1,5 %, selon un montage sophistiqué alliant décote, abondement (jusqu’à 300 euros) et garantie des sommes investies. Un projet similaire, dont les détails ne sont pas encore arrêtés, devrait être remis sur les rails « courant 2010, dès que les conditions le permettront », assure Laurence Galand, directrice du développement social et des rémunérations.
C’est l’un des leviers du groupe pour gérer la fidélisation, car, à première vue, Rexel, leader mondial de la distribution de matériel électrique, semble avoir un problème de turnover : l’année dernière, compte non tenu des plans sociaux, retraites et préretraites, 3 900 employés ont démissionné au niveau mondial. Soit une vingtaine par jour. La « guerre » des salaires, qui, dans ce métier, peut provoquer des migrations d’équipes commerciales entières d’un grand groupe vers l’autre, n’y est pas étrangère. Même si le DRH groupe, Jean-Dominique Perret, avance des statistiques favorables. À commencer par le taux d’intégration des nouveaux embauchés, qui frôle les 86 %.
Quant au turnover, « il est nettement moindre en France et ne dépasse pas 10 à 12 % », explique-t-il, en reconnaissant toutefois la sensibilité des vendeurs à la surenchère salariale. Le DRH trouve les collaborateurs de Rexel relativement fidèles, l’ancienneté moyenne étant de six ans, malgré les récentes acquisitions et restructurations. Cela n’empêche pas l’entreprise de renforcer son attractivité et de prendre des mesures supplémentaires pour stabiliser ses troupes. Outre l’actionnariat, la part variable des rémunérations, différente selon les pays, peut atteindre 10 à 15 % chez les commerciaux, en France. Et les activités les plus exposées au turnover, comme la logistique, feront l’objet d’un suivi particulier en sus du dispositif général de qualité de vie au travail.
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