En 2008, 28 % des salariés, soit 6,5 millions de personnes, ont travaillé le dimanche, révèle une étude de la Dares. Une proportion qui ne cesse d’augmenter depuis le début des années 90. La proportion de salariés travaillant habituellement le dimanche a particulièrement progressé, passant d’un peu plus de 10 % en 2002 à 12 % en 2008, soit 2,8 millions de personnes. En revanche, sur la même période, le travail occasionnel dominical est resté stable, aux environs de 15 %.
On notera que cette étude porte sur l’année 2008, avant donc l’intervention de la loi n° 2009-974 du 10 août 2009 qui a assoupli les dérogations au principe du repos dominical.
La Dares liste les spécificités du travail dominical, en distinguant selon qu’il est exercé de manière habituelle ou occasionnelle.
En 2008, la proportion de salariés travaillant habituellement le dimanche est particulièrement importante dans le secteur des services aux particuliers (26 %), notamment dans les hôtels et restaurants (46 %), ainsi que dans le secteur des transports (21 %) et celui de la santé (38 %). Dans ce dernier secteur, précise la Dares, ce sont 45 % des salariés exerçant une profession médicale qui travaillent régulièrement le dimanche.
Les catégories professionnelles les plus touchées sont les employés (18 %). Les cadres sont en revanche les plus épargnés, avec seulement 7 % travaillant habituellement le dimanche. Les ouvriers, massivement salariés dans l’industrie, restent assez protégés du travail habituel le dimanche, puisque seuls 9 % sont dans ce cas.
Par ailleurs, observe la Dares, les travailleurs dominicaux habituels sont un peu plus jeunes que la moyenne des salariés : 25 % ont moins de 30 ans et 53 % moins de 40 ans (contre 21 % et 48 % pour l’ensemble des salariés). Ils sont par ailleurs un peu moins diplômés : 28 % sont titulaires d’un CAP ou BEP et 28 % d’un diplôme de l’enseignement supérieur (contre 26 % et 31 % pour l’ensemble des salariés). Enfin, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à travailler habituellement le dimanche (53,3 %, contre 46,6 %). Enfin, 38 % des salariés travaillant habituellement le dimanche sont employés par l’État et les collectivités locales (alors que ceux-ci n’emploient qu’un quart du total des salariés).
La principale caractéristique du travail dominical occasionnel réside dans le fait qu’il touche davantage des professions qui peuvent organiser une partie de leur temps de travail comme elles le souhaitent.
Ainsi, le travail dominical occasionnel concerne davantage les cadres : 24 %, contre 15 % des employés et 10 % des ouvriers. Le travail dominical occasionnel est également fréquent dans les professions d’enseignement, l’organisation de leur travail en dehors des horaires de cours étant à leur discrétion. Ainsi, un quart des instituteurs, des professeurs des écoles et des enseignants des collèges et lycées professionnels travaillent occasionnellement le dimanche.
Les secteurs les plus touchés sont, comme pour le travail dominical habituel, ceux des services aux particuliers (16 %), des transports (19 %) et de la santé (20 %). Dans le commerce non alimentaire, compte tenu de la législation réglementant le travail du dimanche jusqu’au 10 août 2009, celui-ci reste occasionnel : 24 % des employés du commerce, hors commerce alimentaire, travaillent occasionnellement le dimanche, et 11 % habituellement.
En 2008, 96 % des salariés qui travaillent habituellement le dimanche travaillent également habituellement le samedi. Ces salariés sont plus souvent soumis à des contraintes horaires : 36,3 % n’ont pas de repos compensateur, 34 % ont des horaires quotidiens variables déterminés par l’entreprise, et 22,9 % des horaires alternants (travail en équipe, 2x8 ou 3x8).
Par ailleurs, 67,2 % d’entre eux déclarent avoir subi un risque d’accident et 61,6 % des risques d’agression physique ou verbale, contre respectivement 44,2 % et 33,3 % pour les salariés ne travaillant jamais le dimanche. 64,8 % déclarent également subir au moins deux pénibilités physiques.
Enfin, les salariés habitués à travailler le dimanche sont également bien plus nombreux que la moyenne à travailler habituellement de nuit (36 %, contre 7 %).
- DARES, Premières informations n° 42.1, octobre 2009
Une circulaire précise les modalités d’application de la loi sur le travail le dimanche
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