Quatre ans après leur introduction dans le cadre d’un accord GPEC (1) et deux ans après que leurs indemnités se sont vues exonérées de charges sociales (2), les plans de départs volontaires sont en passe de s’installer durablement dans la boîte à outils des entreprises en restructuration.
« L’appel au volontariat représente, désormais, entre 50 % et 60 % des plans de réduction d’effectifs que nous accompagnons », confie Jean-François Carrara, responsable du département développement et ressources humaines chez Algoé. Si les grandes entreprises s’en révèlent friandes – en septembre, Air France a annoncé, à son tour, 1 500 départs sur la base du volontariat –, les PME ne sont pas en reste, qui mettent parfois en œuvre des plans pour 20 ou 30 personnes.
« Le volontariat permet souvent de faire accepter une restructuration en douceur, souligne Olivier Labarre, directeur général adjoint du groupe BPI. Il fait même disparaître le terme de “licenciement économique” des journaux ! Au final, dirigeants, actionnaires, politiques, syndicats, salariés bien souvent, tout le monde y trouve son compte. »
Au point que les plans de départs volontaires apparaissent parfois comme la recette magique… qu’ils ne sont pas.
« Quand je rencontre un chef d’entreprise pour qui il sera difficile d’appréhender la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences, je le dissuade de mettre en œuvre un plan de départs volontaires, explique Marijke Granier-Guillemarre, avocate associée du cabinet Sarrau Thomas Couderc. Ce serait, à coup sûr, ouvrir la voie à une désorganisation. » Dans les faits, le “bêtisier” s’enrichit, en effet, de jour en jour : entreprises contraintes de recourir à l’intérim à la suite d’un plan de départs volontaires mal calibré, voire de réembaucher des équipes entières quelques semaines après leur départ !
Chez ArcelorMittal, l’hémorragie de compétences à la suite du départ de 2 800 volontaires (10 % de l’effectif) a entraîné de sérieuses difficultés. Le site de Florange, en Moselle, a, notamment, dû faire appel à des intérimaires “sur des postes clés”.
Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. « En termes de surcharge de travail et de désorganisation, les plans de départs volontaires n’ont rien à envier aux PSE. Bien au contraire », confirme Maurad Rhabi, de la CGT.
Alors ? Restructuration en douceur ou stratégie à court terme ? « En matière de départs volontaires, tout est possible, le pire comme le meilleur, nuance un consultant. Si j’estampillerais volontiers certains plans de “socialement responsables”, force est de constater qu’en période de récession économique, ils servent surtout à alléger la barque. Advienne que pourra… »
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Lire l'article en pdf : Les départs volontaires ne sont-ils pas qu'une stratégie de court terme ?
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