Dans l’actuel contexte de crise, les salariés sont prêts à faire des compromis, mais ils pourraient, lorsque l’activité repartira, se radicaliser s’ils ne perçoivent pas la juste rétribution de l’effort consenti. Voilà les deux principales conclusions de l’enquête annuelle de climat social de la Cegos dans les entreprises, publiée le 22 octobre.
Malgré la crise, 68 % des salariés se déclarent globalement satisfaits de leur travail. Dans les mêmes proportions qu’en 2008, ils se déclarent impliqués (77 %) et motivés (61 %). Au final, une petite majorité (53 %) est satisfaite de sa situation professionnelle.
Toutefois, la perception du climat social de l’entreprise reste médiocre : seuls 45 % des salariés le trouvent bon, et 25 % l’estiment carrément mauvais.
Les auteurs de l’étude expliquent ce décalage d’abord par la faible confiance des salariés en l’avenir : 53 % ont confiance en l’avenir de leur entreprise (stable par rapport à 2008) ; 26 % ont un avis partagé sur cette question ; et 19 % n’ont pas confiance. D’ailleurs, 34 % craignent un plan social dans les mois à venir. Ils n’ont peut-être pas tort, car, à cette même question, 15 % des DRH répondent par la positive, et 22 % ne souhaitent pas s’exprimer.
En outre, 29 % des salariés craignent le chômage partiel, et 64 %, un blocage des rémunérations en 2010. De fait, le deuxième point noir concerne les salaires. Seuls 39 % sont satisfaits du système de rémunération global de leur entreprise, et, surtout, seul un salarié sur trois estime que, dans son entreprise, les rémunérations sont équitables.
La troisième source de détérioration du climat social est la charge de travail : un tiers des salarié trouvent que l’effectif de leur service est inadapté à la charge de travail, et 24 % sont partagés.
En cas d’insatisfaction, comment les salariés réagissent-ils ? De plus en plus en “levant le pied”, pour 34 % (31 % en 2008), et de moins en moins en poursuivant leur activité “avec la même énergie” : 29 % cette année contre… 36 % en 2008.
Outre ce désengagement, la plus grande source d’inquiétude pour les DRH pourrait être que 66 % des salariés comprennent les “actions extrêmes” des travailleurs de Molex, Caterpillar ou New Fabris, et que 31 % pensent qu’elles seraient possibles dans leur entreprise. De là à passer à l’acte…
« Quand l’économie repartira, qu’il se créera de la valeur, la question de sa redistribution se posera. S’il n’y a pas de redistribution, une radicalisation ne peut être exclue », estime Jacques Coquerel, le président du groupe Cegos.
- Consulter les principaux résultats de l'enquête Cegos
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