Pour être valable, une clause de mobilité doit définir de manière précise sa zone géographique d’application [Cass. soc., 12 juill. 2006, n° 04-45.396 ; Cass. soc., 24 janv. 2008, n° 06-45.088]. Exit, par conséquent, les clauses qui se bornent à prévoir que le salarié pourra être muté dans un autre établissement ou en tout autre lieu, en fonction des besoins de l’entreprise, sans préciser dans quelle zone géographique cette mutation pourra intervenir (département, région, France métropolitaine, Europe, etc.).
Par ailleurs, une clause de mobilité ne peut valablement conférer à l’employeur le droit de modifier sa zone géographique d’application [Cass. soc., 7 juin 2006, n° 04-45.846]. Est nulle, par conséquent, la clause qui prévoit que la zone de mobilité du salarié pourra être étendue en fonction de la création ou de l’acquisition de nouveaux établissements ou de l’implantation de l’entreprise dans une nouvelle région [Cass. soc., 14 oct. 2008, n° 07-42.352].
En revanche, ni la loi ni la jurisprudence ne fixent de limites à l’étendue de la zone de mobilité du salarié. Sauf disposition conventionnelle fixant les limites géographiques de toute clause de mobilité, les parties peuvent donc définir librement l’étendue de la zone géographique de mobilité du salarié (à condition, toutefois, que l’étendue de cette zone soit justifiée au regard de l’intérêt de l’entreprise).
Jusqu’à présent, la Cour de cassation semblait admettre la validité des clauses de mobilité intra-groupe, c’est-à-dire des clauses par lesquelles le salarié accepte par avance sa mutation dans toute société du groupe auquel appartient l’entreprise qui l’embauche. Les clauses prévoyant une mutation du salarié dans l’ensemble du groupe, voire dans l’unité économique et sociale à laquelle appartient son employeur, semblaient licites, sous la seule réserve de définir précisément leur zone géographique d’application.
Ce n’est plus le cas, comme en témoigne un récent arrêt.
(…)
Lire l'article en pdf : Une clause de mobilité ne peut être étendue au groupe
Clauses de mobilité : la protection du salarié de nouveau renforcée
La Cour de cassation sonne le glas des clauses de mobilité dans les groupes
La mise en œuvre de la clause de mobilité ne doit pas porter atteinte à la vie privée du salarié
La mobilité du salarié de plus en plus encadrée par la Cour de cassation
Toutes les semaines, recevez par courriel l’essentiel de l’actualité juridique et sociale
Outil de travail indispensable, le Mémo social 2011 couvre en un seul volume l'ensemble de la réglementation en l’étayant par la jurisprudence la plus récente. Il aborde de façon exhaustive tous les aspects du droit social, qu’il s’agisse des relations individuelles et collectives de travail, de la formation professionnelle, du dialogue social, de la sécurité sociale, de la retraite…
C'est d'abord au législateur qu'il appartient de déterminer comment promouvoir la diversité ; c'est ensuite aux partenaires sociaux d'inventer les moyens d'assurer concrètement à tous les salariés leur place dans la communauté professionnelle, au-delà de leurs différences.Mais le droit du travail doit aussi beaucoup, ici comme ailleurs, à la Cour de cassation, comme le démontrent les derniers arrêts rendus le 8 juin 2011 en matière d'égalité de traitement entre salariés appartenant à des catégories professionnelles différentes.
Découvrez les autres portails métiers de Wolters-Kluwer France :