La clameur autour du stress rend inaudible le cri d’alarme de la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité sociale, qui pointe un péril d’une toute autre ampleur : l’irrésistible croissance des maladies professionnelles. Elle dénombre aujourd’hui 45 411 pathologies, contre 36 871 en 2004. Rien qu’en 2008, la croissance a été de 3,6 %. Brutalement dit, plus d’un millier de nouvelles atteintes menacent la santé des travailleurs.
Pire, certaines affections continuent de progresser, comme les troubles des articulations, le mal de dos, les perturbations provoquées par le bruit ou, pire, les cancers pulmonaires. Les efforts de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) ne suffisent pas à enrayer la spirale. Elle multiplie pourtant les partenariats avec les fédérations professionnelles et les entreprises. À l’instar de celle nouée de longue date avec les entreprises du commerce et de la distribution (FCD) que préside Jérôme Bédier. Une convention du même genre a été signée en juillet dernier avec quatre fédérations du bâtiment et des travaux publics, y compris les artisans et les sociétés coopératives. Même effort en direction des entreprises. Au cours du seul mois d’octobre, McDonald’s France et le groupe Casino ont passé des conventions avec la Caisse.
Autant de « références exemplaires pour les entreprises et les branches professionnelles », souligne Stéphane Seiller, directeur des risques professionnels à la Cnamts. « Une responsabilité d’employeur », réaffirme Vincent Quandalle, DG de McDonald’s France. Mais pour ces engagements de longue durée, combien d’entreprises relâchent leurs efforts ou omettent de soumettre leurs installations aux expertises nécessaires. Et dans ce domaine, il n’y a pas que les PMI qui pêchent.
Les effectifs manquent pour conseiller les entreprises et assurer le suivi des salariés les plus exposés. Outre la pénurie de médecins du travail, les rangs de l’inspection médicale du travail (MIRT) sont de plus en plus clairsemés. Sur 76 postes budgétés, seuls 45 sont actuellement pourvus. En Ile-de-France où travaillent 25 % de la population, il n’y aurait actuellement, selon nos informations, que deux MIRT actifs, sur 11 postes budgétés. Pour s’occuper de quatre millions de salariés. Mal payés, couramment 20 à 30 % de moins que les médecins du travail, selon leurs dires, ces fonctionnaires n’auraient pas ou peu de perspectives de carrière.
« La puissance publique se tire une balle dans le pied en étant incapable de conserver en son sein des experts dévoués à la protection de la santé du pays », dit l’un d’entre eux. Une dimension que prendra sans doute en compte le second plan santé au travail (2010-2014), dont le ministre du Travail, Xavier Darcos, a présenté l’ossature en Conseil des ministres, le 28 octobre dernier.
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Cette 2e édition actualisée et enrichie rend compte des évolutions concrètes et des débats dont font l’objet les risques psychosociaux. Un éclairage pluridisciplinaire vivant destiné à tous les acteurs engagés dans la compréhension et le traitement de ces questions : directions, services des ressources humaines, médecins du travail, élus du personnel, préventeurs, juristes, services sociaux…
L’ employeur doit mettre en place une politique de prévention reposant sur plusieurs axes : évaluer les risques notamment par l’élaboration du document unique, adapter le travail à l’homme, informer, former et délivrer des instructions adaptées aux salariés. Parallèlement, il doit veiller au respect des procédures légales de protection de la santé et de la sécurité des salariés.
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