La direction de DHL Express France a dû convoquer un comité central d’entreprise extraordinaire ce 10 novembre pour s’expliquer sur les rumeurs faisant état d’une cession de l’activité messagerie, la moins rentable du groupe. « Des réflexions sont en cours », admet-elle après avoir démenti. Une source d’incertitude supplémentaire dans une situation sociale déjà particulièrement confuse.
Sous le coup d’un plan social prévoyant 500 suppressions d’emplois, DHL Express France (5 200 salariés) est aussi le théâtre d’un bras de fer entre syndicats. Le tout sur fond de luttes d’influence entre patrons de filiales.
À l’origine de l’imbroglio, la décision de Deutsche Post, la maison mère allemande, de constituer une unité économique et sociale (UES) regroupant l’ensemble de ses entités messagerie traditionnelle et express aérien. Objectif : mutualiser les ressources pour proposer aux clients une « offre globale » sous une marque unique.
Un accord dans ce sens est signé en mars 2008 avec la CFDT, premier syndicat de la maison, et la CGC. Il prévoit notamment un aménagement des salaires et des conditions sociales, schématiquement alignés par le haut, et crée des structures centrales dédiées aux fonctions de siège et de support. FO, bien implantée dans l’aérien, la branche la plus rentable et vitrine sociale du groupe, et la CFTC s’y opposent. Elles saisissent la justice pour faire annuler ce deal, perdent en première instance, puis gagnent en appel. Mais si les juges invalident l’accord, ils ne dénouent pas l’UES.
Entre-temps, la direction, qui a fait ses comptes, ne souhaite plus lier le sort de ses filiales. La messagerie traditionnelle a perdu 20 % de parts de marché et s’effondre. En outre, la mutualisation n’a pas porté les fruits attendus : les fonctions support pèseraient, selon nos informations, 15 % à 17 % de la masse salariale, contre une moyenne de 9 à 10 % dans la profession.
Le DRH qui a mis le doigt dans l’engrenage de l’UES a quitté l’entreprise. La CFTC a disparu, faute de représentativité. Certains des 575 salariés (chiffre non confirmé par la direction qui invoque la confidentialité du dossier) mutés d’une filiale à l’autre dans le cadre de l’UES demandent un retour dans leur société d’origine.
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