Les codes éthiques n’ont décidément pas la cote en France. Amadeus vient d’en faire l’expérience. Certes, son projet fleure bon la cohésion et la culture de groupe. « Chacun doit avoir les mêmes chances et bénéficier des mêmes traitements », proclame le spécialiste des systèmes d’information pour les compagnies aériennes, agences de voyages, hôteliers et tour-opérateurs (2 100 salariés en France).
Il prend « l’engagement d’aider les salariés à trouver un bon équilibre entre le travail et la vie privée ». Ce credo s’appuie sur une incontestable politique de mécénat citoyen (soutien à l’association Aviation sans frontières, collaboration avec des centres d’aide par le travail, etc.).
Mais le comité d’entreprise, appelé à se prononcer, tique sur plusieurs points. Notamment celui qui encourage les membres du personnel à discuter de manière régulière de ce code et à rapporter d’éventuelles « questions ou doutes » à la direction. Amadeus mettant à leur disposition des canaux confidentiels pour dénoncer les violations.
« Appel à la délation », crient les membres du CE. D’autant plus que des sanctions sont prévues à l’encontre de ceux qui ne se conformeraient pas aux règles édictées. Le CE trouve aussi que certaines dispositions portent atteinte à la liberté d’expression. Comme l’obligation de réserve lorsque le salarié intervient dans des chats ou forums de discussions. Il se dit prêt à saisir la justice si, d’aventure, le PDG sortant, Jean-Louis Richard, et son remplaçant au 1er février prochain Arnaud Debuchy et le DRH, Pierre Coquillat, passent en force.
« Ce code n’est pas conforme à la réalité de l’entreprise, qui emploie moins de 2 % de salariés handicapés. Les dix plus grosses rémunérations ont augmenté de 6 %, alors que le salaire moyen a baissé », affirme la CFDT.
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