Usés, démotivés, intellectuellement rouillés, incompétents, rétifs au changement, incapables de s’adapter au rythme des nouvelles technologies… En France, plus qu’ailleurs, les stéréotypes sur les seniors vont bon train. Mais si le calendrier législatif impose une prise de conscience au pas de course à la majorité des entreprises françaises, certaines n’ont pas attendu l’injonction de l’État pour démonter les idées reçues et infléchir leurs pratiques. Dans un rapport remis au gouvernement en juin, le cabinet Vigeo listait ainsi les pratiques des bons élèves du CAC 40, EADS, Areva, Cofidis, L’Oréal ou Axa.
Et les PME ne sont pas en reste. Si la plupart d’entre elles (les moins de 300 salariés) attendent la signature des accords de branche pour mettre en œuvre des dispositifs favorables au recrutement et au maintien dans l’emploi des seniors, certaines montrent la voie depuis longtemps. Quitte à avoir payé le prix fort de cet avant-gardisme quand l’époque était au jeunisme, comme le raconte Philippe de Gibon, cofondateur et dirigeant de Convers Télémarketing. Basée à Nice, cette société créée en 1998 par quatre associés compte 145 salariés. « Traditionnellement, les centres d’appels emploient des étudiants, rappelle Philippe de Gibon, avec un turnover très élevé. Dès le départ, nous avons fait un autre choix en recrutant volontairement des gens plus matures, pour limiter le turnover mais aussi pour monter en compétences. »
Au début, la société Convers privilégie donc les 30-45 ans à l’embauche, souvent des mères en situation de retour à l’emploi. Mais, dès 1999, ses dirigeants font un constat : les salariés les plus âgés de l’entreprise lui apportent leur expérience antérieure, ils connaissent tous les rouages, ils ont une expérience de la vie, une éducation qui les rend fiables et une bonne diction ainsi qu’un langage châtié…
C’est le déclic : Convers va à contre-courant des tendances du marché de l’emploi et décide de recruter des seniors. Pour les fidéliser, la direction propose un contrat de travail inédit et avantageux : les salariés définissent leurs horaires de travail d’une semaine à l’autre, ils peuvent changer leur nombre d’heures hebdomadaires deux fois dans l’année et leur rémunération est supérieure de 9 % à celle prévue par la convention collective.
Résultat : ils restent chez Convers pendant quatre ans en moyenne. « J’apprécie particulièrement la grande souplesse de mon travail, explique Philippe, 45 ans, ancien commercial arrivé chez Convers il y a un an. L’été, j’adapte mon emploi du temps pour profiter du beau temps. Et je ne m’ennuie jamais. Je suis des dossiers dans la durée, qui sont très variés et intéressants. » Même satisfaction pour Martine, 52 ans, ancienne militaire de carrière qui est passée par un cabinet ministériel à Paris : « Je travaille de 9 heures à 17 h 30 pour 1 300 euros net par mois, ce qui me convient car j’ai un enfant à charge. J’apprécie aussi que le travail ne soit pas trop répétitif. »
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- Quand peut-on recourir au travail temporaire ?La loi fixe une liste limitative de cas de recours dont les plus fréquents sont le remplacement d'un salarié et l'accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise utilisatrice.
- Quels contrats signer ? Une relation triangulaire s'établit entre l'ETT, le salarié temporaire et l'entreprise utilisatrice à travers la conclusion de deux contrats : le contrat de mise à disposition et le contrat de mission.
- Quel statut pour le salarié temporaire ? Salarié de l'ETT, le salarié temporaire bénéficie d'une situation comparable à celle des salariés de l'entreprise utilisatrice, notamment en matière de rémunération et de conditions de travail.
Ce numéro juridique revient en détail sur le principe de non-discrimination. L’âge figure parmi
ces discriminations interdites : il ne peut apparaître comme critère lors de la procédure de
recrutement, ainsi l’auteur de la discrimination peut être sanctionné pénalement.
Sont ensuite abordés les contrats et aides facilitant l’embauche du senior ainsi que la gestion de
sa carrière autour de deux axes : préparer la deuxième partie de sa carrière et aménager sa fin de
carrière.
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