Si le constructeur aéronautique a pris son temps pour négocier, c’est, semble-t-il, pour innover. Safran invente le « congé spécifique pour projet personnel ou solidaire ». D’une durée de deux à six mois, il s’inspire du congé sabbatique. Tout quinqua pourra y prétendre, à condition d’avoir au moins cinq ans d’ancienneté et de passer sous les fourches caudines d’une commission de validation.
S’il décroche son visa, le senior verra son contrat de travail suspendu et bénéficiera d’une aide financière (un mois de salaire brut pour un semestre d’absence, 75 % de la paie pour un projet de quatre à cinq mois et un demi-traitement pour trois à cinq mois).
L’intéressé peut en outre financer son congé par débit sur son compte épargne temps. Autre mécanisme original compris dans le projet : le relais entre les générations. Ainsi, 24 à 18 mois avant son départ, le senior aura un entretien formel avec un chef de file métier ou avec un responsable RH, en vue de recenser les compétences clés qu’il détient et qu’il serait nécessaire de transférer à un jeune collègue voire consigner dans une base de know-how. Ce délai de prévenance pourra atteindre 30 mois pour les spécialités les plus rares. Histoire d’aider ceux qui ont toujours exercé leur métier sans avoir formalisé leurs méthodes, Safran leur « offrira » les services d’un coach.
Ces dispositifs s’ajouteront à la traditionnelle panoplie des accords seniors : entretiens de seconde partie de carrière (dès 45 ans) ; bilan de santé ; aide au rachat de trimestres de cotisation retraite ; télétravail et autres abondements du compte épargne temps. La DRH considère la négociation comme close, mais les syndicats réclament encore des aménagements. Compte tenu des procédures en vigueur dans ce groupe multiforme, le ballet des comités d’entreprise va commencer, filiale par filiale, avant une éventuelle signature.
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Cet ouvrage propose une présentation détaillée des règles légales, conventionnelles et jurisprudentielles propres au « travail à distance », et fait ressortir leur articulation avec le droit commun. L’auteur consacre une place importante à la question de la rémunération du travail accompli dans ces conditions.
Après avoir dressé un panorama du contexte général de l’employabilité, l’auteur analyse les caractéristiques propres aux juniors et aux seniors, puis détaille les outils pratiques d’une gestion active des âges et des compétences. Cet ouvrage aidera les chefs d’entreprises, les équipes RH, les managers ainsi que les collaborateurs à mener leurs réflexions sur ce thème et à mettre en place les actions pertinentes, que ce soit en PME et TPE ou dans les grandes entreprises.
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