Pas de trêve des confiseurs pour Laurence Parisot. Dans le Landerneau patronal, peu doutaient, début décembre, de sa réélection à la présidence du Medef, prévue pour la fin du premier semestre 2010. Quelques semaines plus tard, les certitudes se sont envolées.
En fin d’année, les attaques à boulets rouges d’Alain Minc, conseiller de l’ombre de Nicolas Sarkozy, contre la mauvaise gestion patronale de la crise économique signe la disgrâce de la patronne des patrons auprès du chef de l’État. Une charge qui s’intercale entre deux autres, internes au patronat.
« Pour rouvrir le jeu, il fallait deux types de secousses. Des critiques de fond sur l’utilité du Medef et une attaque en règle de la gouvernance interne. Les deux se sont produits », constate un très fin connaisseur de l’organisation.
Premier à dégainer, Jean-René Buisson. Un poids lourd dans la maison, tout à la fois président de la commission protection sociale, membre du bureau et du conseil exécutif.
En décembre, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), qu’il préside, vote sa désaffiliation du Medef. Au motif que les services rendus ne sont pas à la hauteur des 600 000 euros de cotisations annuelles. Un coup très dur pour Laurence Parisot qui, en 2005, avait pu compter sur les voix de cette grosse fédération, industrielle de surcroît, pour succéder à Ernest-Antoine Seillière.
La raison invoquée pour justifier ce départ n’en est pas moins factice. « La main droite sur la Bible et la gauche sur le Coran, je vous jure que Jean-René Buisson n’est jamais venu me trouver pour évoquer des difficultés financières », assure Jean-Louis Schilansky, vice-président trésorier du Medef. Empêtrée dans des problèmes de fonctionnement interne, l’Ania critiquait, certes, les dérives sociétales du Medef. Mais sa désertion tient d’abord aux relations très dégradées qu’entretenaient la patronne de l’Ifop et l’ex-DRH de Danone. « Jean-René Buisson n’était plus associé aux décisions politiques, il était mis devant le fait accompli. On avait d’ailleurs consigne de ne pas se montrer coopératif avec lui », confie un directeur de l’Avenue Bosquet.
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