Direction et syndicats ont entamé, le 2 février, la négociation sur les risques psychosociaux. Le DRH, Gérard Leclercq, a pris soin de baliser le terrain. Par deux enquêtes, confiées en juin dernier à Technologia d’un côté, Stimulus de l’autre. La première, auprès d’un panel de 10 000 personnes du pôle ingénierie, avait pour ambition de mesurer la portée des actions engagées depuis 2007, suite aux suicides. La seconde, qui a ciblé 1 677 collaborateurs sur quatre sites, visait à connaître le vécu individuel.
DRH et représentants du personnel ne font pas la même lecture des conclusions. « Les conditions de vie et de travail s’améliorent globalement dans les établissements d’ingénierie de Renault en France », interprète la direction, à la lecture du rapport Technologia. Elle met l’accent sur le taux de personnes en situation de travail tendu, qui baisse de 3,5 points, à 27,7 %, « un niveau qui se situe dans la moyenne des données de référence nationale de Technologia ». Et d’insister sur les points positifs : amélioration du niveau d’autonomie des salariés, réduction de la charge de travail et des contraintes, baisse de l’isolement et meilleures relations avec la hiérarchie.
Quant à l’investigation menée par la société de Patrick Légeron, le constructeur n’y voit rien d’alarmant : « Le niveau de stress des salariés de Renault se situe dans une moyenne basse, sans décalage avec les enquêtes européennes et le panel Stimulus. » Côté syndical, l’analyse est plus critique. « Il n’y a pas de niveau recevable ou tolérable d’hyperstress ou de travail tendu. La souffrance au travail n’est pas acceptable, car toute situation de forte tension peut avoir des conséquences irréparables », dit Fred Dijoux, délégué syndical central CFDT.
« La précipitation de la direction à communiquer sur des résultats globaux laisse présager des dérives », soupçonnent les représentants du personnel, qui insistent sur les situations de surcharge, minorées par les managers et les patrons de site. À Douai, par exemple, la CFTC déplore que « les malades ne soient même plus remplacés. La pression sur le personnel entraîne des manquements à la sécurité ».
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Cette 2e édition actualisée et enrichie rend compte des évolutions concrètes et des débats dont font l’objet les risques psychosociaux. Un éclairage pluridisciplinaire vivant destiné à tous les acteurs engagés dans la compréhension et le traitement de ces questions : directions, services des ressources humaines, médecins du travail, élus du personnel, préventeurs, juristes, services sociaux…
L’ employeur doit mettre en place une politique de prévention reposant sur plusieurs axes : évaluer les risques notamment par l’élaboration du document unique, adapter le travail à l’homme, informer, former et délivrer des instructions adaptées aux salariés. Parallèlement, il doit veiller au respect des procédures légales de protection de la santé et de la sécurité des salariés.
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