Une initiative communautaire en 2009 sur les troubles musculosquelettiques (TMS). C'est ce qu'a annoncé Vladimir Spilda, commissaire européen à l'Emploi et aux Affaires sociales, lors de la clôture, le 26 février à Bilbao, de la campagne de l'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail consacrée aux TMS.
Nouvel arsenal réglementaire assis sur la directive-cadre de 1989 ou bien simple dépoussiérage des textes existants ? Pour le commissaire tchèque, plus question, en tout cas, de rester les bras croisés face à ces pathologies qui font souffrir un tiers des salariés et grèvent les économies européennes jusqu'à 1,6 % de leur PIB. « Nous devons à la fois favoriser la prévention et aider les salariés affectés à conserver leur emploi », a déclaré Vladimir Spilda. Une volonté politique qui a été fort bien accueillie par les 500 participants venus assister à la cérémonie organisée au Palais des congrès de la capitale basque espagnole.
« Les partenaires sociaux ont adressé leurs recommandations, mais, à ce jour, nous ignorons totalement la nature des projets de la Commission », indique Roland Gauthy, chercheur à l'ETUI-REHS, une structure bruxelloise chargée d'appuyer les demandes de la Confédération européenne des syndicats.
Lancée en juin 2007, à Bruxelles, la campagne sur les TMS, baptisée «Allégez la charge», s'est achevée sur un bilan mitigé. Point positif : la participation. Une centaine de manifestations ont été déployées dans toute l'Union européenne. En point d'orgue, la semaine sur les TMS, organisée en octobre dernier. Au total, plus de 100 millions de personnes ont été touchées par cette opération, selon son responsable, le Britannique Peter Rimmer.
Des entreprises ont également été récompensées pour leurs bonnes pratiques de prévention des TMS. Aucune société française au palmarès. « La France a souvent brillé par son absence », ironise un participant. Etonnant quand on sait que les pouvoirs publics s'apprêtent à financer une campagne nationale de sensibilisation sur ces maladies pour un coût estimé à plus de 10 millions d'euros.
«Allégez la charge» a surtout montré à quel point ces maladies pouvaient se propager sans la moindre contre-offensive communautaire. Les TMS se caractérisent par une très grande hétérogénéité dans leurs modes de reconnaissance, les politiques de prévention ou encore la prise en charge des salariés malades. « Nous espérons que cette action marquera le début d'une prise de conscience, car tout reste à faire contre ces maladies », a martelé Jukka Takala, le directeur de l'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail.
Parmi les constats dressés à Bilbao, les TMS ne sont plus la chasse gardée des secteurs agricoles et de la construction en Europe. Ils concernent de plus en plus les salariés du tertiaire. Les populations les plus exposées restent les femmes, les jeunes, les ouvriers peu qualifiés et les travailleurs précaires.
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