Lorsque la situation juridique de l'employeur est modifiée en raison, notamment, d'une cession, fusion, scission, absorption d'entreprise, externalisation ou encore de la reprise d'une activité, les contrats de travail doivent automatiquement être transférés au nouvel employeur [1]. Quid du statut collectif des salariés concernés ?
La convention collective dont relève le cessionnaire doit s'appliquer immédiatement aux salariés transférés. Ces derniers peuvent alors se trouver temporairement soumis à deux conventions collectives : celle dont relève ce repreneur, et celle qui s'appliquait chez l'ancien employeur, qui est mise en cause mais qui survit provisoirement. Par conséquent, seules les dispositions plus favorables de cet accord mis en cause continuent de leur bénéficier. Les autres disparaissent [Cass. soc., 10 févr. 2010, n° 08-44.454]. La règle est donc claire : les salariés transférés sont par principe immédiatement soumis au statut conventionnel de leur nouvel employeur, mais ils peuvent momentanément prétendre à celles des dispositions de leur ancien statut qui restent plus favorables. Le caractère plus favorable ou non de telle ou telle disposition s'apprécie de manière globale, c'est-à-dire en considération des intérêts de l'ensemble des salariés concernés, et par groupes d'avantages ayant le même objet ou la même cause.
ATTENTION
La survie temporaire de ces clauses plus favorables n'est possible que s'il y a changement d'employeur par application de l'article L. 1224-1 du Code du travail, et donc pas en cas d'application volontaire de cet article entre deux employeurs [Cass. soc., 20 janv. 1998, n° 95-41.942].
Les dispositions plus favorables de l'ancien accord s'appliquent encore pendant un préavis de trois mois (une durée plus longue peut être conventionnellement prévue), puis pendant un délai maximal de survie d'un an (là encore, une clause peut prévoir un délai supérieur). Aucun accord de substitution ne peut entrer en vigueur avant l'expiration du préavis. Une négociation doit s'engager dans l'entreprise d'accueil afin d'élaborer de nouvelles dispositions ou d'adapter les dispositions plus favorables en survie temporaire à celles en vigueur au sein de la nouvelle entreprise. Que cette négociation aboutisse ou non, les dispositions provisoirement maintenues cessent de s'appliquer, en principe, au bout de 15 mois (3 mois de préavis + 12 mois de survie).
Et pour les usages et engagements unilatéraux ?
Ils sont opposables au nouvel employeur. Il n'existe pas de procédure similaire de remise en cause. Ainsi, s'il ne souhaite plus les appliquer, il doit les dénoncer en bonne et due forme : information des représentants du personnel et des salariés concernés, respect d'un délai de prévenance (voir Mémo social 2010, nos 1975 et s.).
Note : 1/ C. trav., art. L. 1224-1.
Toutes les semaines, recevez par courriel l’essentiel de l’actualité juridique et sociale
Cet ouvrage propose une présentation détaillée des règles légales, conventionnelles et jurisprudentielles propres au « travail à distance », et fait ressortir leur articulation avec le droit commun. L’auteur consacre une place importante à la question de la rémunération du travail accompli dans ces conditions.
Après avoir dressé un panorama du contexte général de l’employabilité, l’auteur analyse les caractéristiques propres aux juniors et aux seniors, puis détaille les outils pratiques d’une gestion active des âges et des compétences. Cet ouvrage aidera les chefs d’entreprises, les équipes RH, les managers ainsi que les collaborateurs à mener leurs réflexions sur ce thème et à mettre en place les actions pertinentes, que ce soit en PME et TPE ou dans les grandes entreprises.
Découvrez les autres portails métiers de Wolters-Kluwer France :