Au regard du stress, chez PSA Peugeot Citroën, mieux vaut être un homme travaillant aux études qu'une femme affectée à la production et travaillant en doublage sur une ligne de montage. L'audit sur le stress dans l'entreprise, remis à la direction du groupe automobile par le cabinet Stimulus, le 17 mars, fait, en effet, état de niveaux de stress différents au sein du groupe, selon le sexe, l'activité et les rythmes de travail.
Réalisée de novembre à décembre derniers, sur un échantillon de 3 500 salariés des établissements de Vélizy, Mulhouse et Sochaux, cette enquête a aussi fait ressortir « des niveaux de stress, d'anxiété et de dépression dans les trois sites... inférieurs aux données du panel de référence et des études internationales », indique Stimulus. Elle avait pourtant été commandée à la suite d'une série de six suicides chez le constructeur, dont cinq sur le seul site de Mulhouse, en 2007.
Selon Stimulus, 19,8 % des salariés se trouvent en situation d'hyper-stress - qui représente un risque de santé pour l'individu -, dont 21,1 % à Mulhouse, 20,6 % à Sochaux et 16,3 % à Vélizy. Des niveaux inférieurs à ceux constatés par l'Agence européenne pour la santé au travail en 2001, selon laquelle 28 % des Européens subiraient des niveaux de stress trop élevés.
« Le mythe du cadre stressé est battu en brèche : 22,6 % des ouvriers souffrent de ce problème alors que cela concerne 15,4 % des cadres », a indiqué le Dr Légeron, patron de Stimulus, qui, par ailleurs, remettait, la semaine dernière, une étude sur la prévention du stress au ministre du Travail Xavier Bertrand (lire Entreprise & Carrières n° 898). Outre l'activité, les horaires de nuit apparaissent comme l'un des autres facteurs de risque.
« On a levé un tabou en interne », a commenté Jean-Luc Vergne, le DRH du groupe. Il a souligné sa volonté de « renforcer le dispositif actuel » de prévention avec, notamment, la poursuite des cellules de veille destinées à repérer les situations à risque, des actions d'égalité des chances pour réduire les discriminations, et le maintien d'un numéro vert anonyme (Psya), mis en place après la série de suicides, et gratuit jusqu'à la mi-année.
Le DRH entend « privilégier les approches collectives » et « travailler avec les partenaires sociaux et les médecins du travail ». Parmi les pistes d'action déjà évoquées : la limitation des UEP (unités élémentaires de production) à 30 personnes, le « maintien des pauses-repas dans les séances de travail » ou le « développement de la reconnaissance directe ou indirecte ».
La CGT attend d'autres « mesures concrètes », soulignant que l'enquête montre la nécessité de réduire les horaires contraignants, la charge de travail, la répétitivité... FO et la CFTC reconnaissent que le plan d'action est le bon pour l'une, et que « le problème est enfin pris en compte » pour l'autre.
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