Le 14 au juin, ce sera au tour des 64 000 collaborateurs de RTE de désigner leurs porte-voix au conseil de surveillance.
La liste des grandes entreprises dont la gouvernance prévoit la présence d'élus du personnel est longue : Thales, LCL, France Télécom, Total, GDF Suez, Bouygues, Areva, etc.
Les syndicats ne se sont jamais autant impliqués dans ces élections, depuis la loi sur la représentativité syndicale d'août 2008.
Elles y voient une occasion supplémentaire de jauger leur popularité et de montrer leur capacité à formuler des propositions.
Chez Thales, Olivia Andanson , chef de file CGC, confirme que ces scrutins « donnent la mesure du poids des organisations syndicales » .
Accessoirement, les mandats permettent de grappiller des ressources complémentaires, les jetons de présence (32 000 € pour Yves Audvard , administrateur CGT de Renault, et jusqu'à 55 000 € par administrateur de France Télécom) étant généralement reversés au syndicat d'origine.
Pourtant, numériquement bien représentés – un tiers des administrateurs d'Air France-KLM, contre trois sur 18 au sommet de Renault –, les mandatés ont une influence limitée. Certes, ils rivalisent d'incantations. Sur le ton verteux de la CGC de Thalès, qui rêve d'une « bonne santé économique base d'une politique sociale reconnaissante, car la dimension humaine d'une société est le meilleur atout pour la rendre plus dynamique, donc plus rentable pour l'actionnaire » .
Sur le mode protestataire, à l'instar de l'administrateur CGT de France Télécom, Jean-Michel Gaveau , qui dénonce la mauvaise couverture du territoire par les réseaux, la qualité imparfaite du service aux clients, les mauvais traitements infligés aux salariés et propose rien moins qu'une « appropriation publique des activités du secteur des télécoms » .
Ou encore en version participative, style de Philippe Pesteil (CFDT EDF). Ce dernier croit pouvoir « peser par l'instrument démocratique du vote sur la politique énergétique » .
Quoi qu'il en soit, les élus tiennent à leurs strapontins. Ceux qui préfèrent le chahut des comités d'entreprise aux lambris dorés des salles de conseil, comme Claire Bacque et Chantal André , démissionnaires chez LCL du fait de leur victoire aux dernières élections professionnelles, ne sont pas légion. Et les entreprises qui suppriment les sièges d'administrateurs salariés s'attirent les foudres des syndicats. Cas d'ArcelorMittal, qui a décidé, le 11 mai dernier, de remercier les trois élus du personnel qui ont accès au saint des saints, et de Bull, dont l'assemblée générale prévue le 16 juin doit entériner une décision du même genre, écartant deux employés du conseil.
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