Cet écart de salaires horaires s’explique notamment par le parcours professionnel des femmes, moins linéaire que celui des hommes. En effet, 26 % des mères, tous âges confondus, déclarent êtres inactives, au chômage ou en congé parental. De plus, près de 9 % d’entre elles affirment réduire leur temps de travail.
Néanmoins, même lorsqu’elles n’ont pas interrompu leur carrière professionnelle, les femmes restent pénalisées en matière de salaires vis-à-vis de leurs collègues masculins.
L’étude de l’OFCE compare le salaire horaire des hommes et des femmes entre 39 et 49 ans n’ayant connu aucune interruption de carrière pour raison familiale. L’écart est alors de 17 % au détriment des femmes. Pourtant, les femmes qui n’ont pas interrompu leur carrière sont un peu plus diplômées que les hommes (19 % contre 17 % ont au moins un niveau bac + 3), ont la même durée d’expérience (23 ans), et un peu plus d’ancienneté (17 ans contre 15 ans).
Selon les auteurs de l’étude, cette différence de salaire s’explique par plusieurs facteurs : les hommes occupent moins souvent des emplois à temps partiel, travaillent dans des secteurs économiques plus rémunérateurs, effectuent davantage d’heures supplémentaires, ont plus fréquemment des horaires décalés, et occupent des positions professionnelles supérieures. En effet, les hommes sont plus souvent cadres que les femmes. Mais l’ensemble de ces facteurs structurels n’explique que 30 % de cet écart de salaires.
Ainsi, la présence continue des femmes sur le marché du travail ne leur permet pas d’obtenir des rémunérations à hauteur de celles de leurs collègues masculins.
En revanche, les femmes sans interruption de carrière gagnent en moyenne 23 % de plus que celles qui ont temporairement arrêté de travailler pour raisons familiales. Ici, cet écart s’explique presque totalement par des facteurs objectifs. En effet, les femmes avec une carrière continue sont plus diplômées (19 % ont au moins bac + 3 contre 12 % pour les autres), ont accumulé davantage d’expérience professionnelle (23 ans en moyenne contre 18 ans), et sont davantage restées avec le même employeur, alors que celles qui sont revenues sur le marché du travail en ont plus souvent changé.
L’OFCE avance plusieurs explications à l’inégalité salariale injustifiée entre hommes et femmes.
• Postes moins exigeants. Les femmes qui poursuivent leur carrière en conciliant travail et charges familiales peuvent rechercher des postes moins exigeants. Elles « échangent » ainsi un salaire plus bas contre une plus grande souplesse horaire ou encore une moindre intensité de travail.
• Plafond de verre. L’étude relève que les femmes se heurtent à des obstacles croissants dans leur progression de carrière.
• Suspicion de l’employeur. Les femmes sont considérées comme susceptibles de sortir du marché du travail pour raisons familiales, temporairement ou définitivement, et ce, même si elles n’ont jamais eu l’intention d’interrompre leur carrière. Elles sont suspectées de ne pas être attachées à leur poste. Cette méfiance peut d’ailleurs les pousser à moins s’engager dans leur travail, confirmant a posteriori les préjugés des employeurs.
Selon les auteurs de l’étude, deux types de solutions apparaissent en vue de lutter contre ce phénomène : mener une carrière continue devrait être la norme, ou il devrait y avoir incertitude sur qui, du père ou de la mère, va interrompre son activité professionnelle. Ainsi, grâce à une volonté politique forte, un congé parental mieux rémunéré pourrait être développé.
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