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Pas de jackpot pour les gérants de Petit Casino

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Vie des entreprises

Pas de jackpot pour les gérants de Petit Casino

Quelque 2000 couples de gérants mandataires font tourner les supérettes Petit Casino. Des commerçants au statut hybride qui ne comptent pas leurs heures. Et remplissent les poches du groupe.

13/09/2010 Liaisons Sociales Magazine, septembre 2010

«Mon épicier est un type formidable!»

Chez Casino, on a le sens de la formule. Ceux qui n’ont jamais manqué, à une heure impossible, d’une plaquette de beurre ne peuvent pas comprendre. Les autres, si. Mais plus encore que pour les clients, ce sont pour les financiers du groupe que les 4000 gérants des succursales Petit Casino sont vraiment formidables. Car leur activité s’avère lucrative. L’an dernier, la branche proximité (qui comprend aussi Spar, Vival, Monoprix et les supermarchés Casino) a dégagé une marge de330 millions d’euros. Une machine à cash pour la multinationale, pas pour ses « épiciers ». Au printemps, l’un d’eux s’est invité à l’assemblée générale pour interpeller le big boss, Jean-Charles Naouri. Et alerter les petits actionnaires sur leurs conditions de travail. Hormis une trentaine de points de vente sous franchise, les 1816 supérettes Petit Casino sont toutes tenues par des couples de « gérants mandataires non salariés». Un statut hybride encadré par le Code du travail et régi par une convention collective, celle des «maisons d’alimentation à succursales », qui couvre aussi les magasins de vins Nicolas. Les gérants ne sont propriétaires ni des lieux ni des marchandises. À eux d’exploiter le magasin, moyennant commission sur les ventes. «Ce statut permet de devenir commerçant sans la moindre mise de fonds, sans les risques d’un investisseur. En cas d’échec, seul Casino perd», souligne Jean- Pierre Lanzetti, directeur général de la branche proximité. Un argument massue pour séduire les candidats. Chaque année, ils sont 5000 à prendre contact avec l’enseigne. Dans l’espoir d’avoir « leur » magasin, sans débourser un sou.

 

Histoires de couples

Chez Casino, les couples de gérants touchent 6% des ventes. Avec un minimum conventionnel garanti de 2200 euros brut mensuels. Sans oublier un logement de fonction, à proximité de la supérette. «Connaissez- vous beaucoup d’entrepreneurs qui bénéficient d’un logement gratuit et d’une rémunération garantie ? » questionne Jean-Pierre Lanzetti. Les troupes, elles, s’avèrent moins enthousiastes. «Certains gagnent bien leur vie. Mais ils sont rares. On est nombreux à être au minimum garanti. Nous, à deux, on gagne un smic et demi », confie un gérant savoyard. Côté rémunération, la direction refuse de fournir des chiffres, évoquant «10 à 15%» de couples au plancher quand la CGT les évalue à… 74%.

Le bilan social indique une rétribution moyenne de 3281 euros brut, après déduction des salaires versés aux éventuels employés. Rapportée aux heures de travail, la paie s’avère très maigre. Livraison, mise en rayons, accueil des clients, nettoyage…

Les journées de boulot comptent rarement moins de dix heures, les semaines moins de soixante. «À deux, on approche des quatre temps pleins. Pour 2200 euros brut, ça fait pas lourd! » ironise une jeune recrue alsacienne. Des sous à répartir entre cogérants, de telle sorte que l’un touche au minimum 1515 euros brut. Soit, pour l’autre, une moitiéde smic. Dramatique en cas de séparation. Ou de veuvage, lors du calcul de la pension de réversion. «La retraite, c’est un dossier sur lequel on doit encore aller plus loin et travailler, dans le cadre du dialogue social », concède Christian Gué, DRH du réseau.

 

Une indépendance très encadrée

Intéressés sur les ventes, les gérants sont, théoriquement, indépendants pour exploiter leur succursale. Un principe très encadré par Casino qui, outre la fourniture exclusive des marchandises et la vente à prix fixés, impose à ses gérants de participer à « la politique commerciale de la société ».
Contraignant mais légal. Du moins tant que ceuxci restent autonomes dans l’organisation de leur travail « en dehors de toute subordination juridique ».

 

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