logo WK-RH

Le portail dédié aux acteurs du social, des ressources humaines et du management.

Accueil
Actualités RH
Le reclassement des « Conti », un cas d’école

xx Emploi & Recrutement xx


Licenciement

Le reclassement des « Conti », un cas d’école

La situation à l’usine Continental Clairoix (Oise) est un cas d’école pour les grandes entreprises qui, engagées dans un plan de sauvegarde de l’emploi, peinent à reclasser les partants.

06/10/2010 Gestion Sociale, du 07/10/2010

Même avec un budget conséquent et le concours d’un cabinet d’accompagnement de renom.

Au beau milieu d’un PSE provisionné à hauteur de 220 M€, selon nos informations, et alors que l’usine est fermée depuis plus d’un an, la direction est contrainte de revoir sa copie et muscler le dispositif de reclassement externe.

Un avenant à l’accord de méthode de juin 2009 devrait être signé aujourd’hui, si aucune organisation syndicale ne s’y oppose.

Il y avait urgence : 15 mois après l’ouverture de l’antenne Altédia, les reclassements ne décollent pas. Sur les 1 113 employés concernés par le PSE, 113 ont retrouvé un emploi en CDI, CDD ou en intérim de plus de six mois.

Les résultats sont aussi calamiteux pour les congés de mobilité. « Sur les 882 salariés entrés en congé de mobilité en janvier 2010 et suivis par Altédia, seuls 22 ont retrouvé un CDI. Un peu plus de 200 sont en formation, et plus de 630 “Conti” n’ont rien », détaille Antonio Da Costa, secrétaire CFTC du comité d’entreprise.

Le cabinet d’accompagnement est en fait confronté à un marché du travail dévasté : 9 000 emplois industriels ont été supprimés l’an dernier dans le département. « On constate aussi une vraie pression sur les salaires des ouvriers. Les recruteurs potentiels proposent des rémunérations en deçà de celles assurées par le congé de mobilité. On peut comprendre que certains hésitent », explique Alexandra Soumeire, avocate du comité d’entreprise.

Pour neutraliser cet écart et inciter les salariés en congé de mobilité pour 24 mois à chercher activement un nouveau job, la direction propose donc une prime dégressive de 21 200 € à 4 800 €. Ce viatique, rétroactif au 1er juillet 2010, s’éteindra fin septembre 2011. En outre, l’avenant prévoit une mesure incitative en direction des recruteurs éventuels.

Continental prendra en charge deux mois de salaire pour tout CDI proposé à un ex-« Conti ». Pour autant, les reclassements ne se feront pas seulement à coup de primes.

Fin septembre, une réunion houleuse a eu lieu à Roissy entre Altédia, la direction de Continental et les organisations syndicales. Le chef de projet d’Altédia aurait été débarqué et remplacé. « Nous avons demandé à Altédia d’ouvrir une autre antenne emploi à Roissy pour être plus proche des entreprises et de ne plus se contenter d’envoyer les CV des “Conti” en e-mailing », expose Philippe Biernacki (CFDT).

Le cabinet d’accompagnement s’était engagé par contrat à retrouver un emploi dans un rayon de 50 km à 80 % du personnel, rémunéré au moins à 80 % du salaire de référence. L’avenant prévoit un bilan d’étape en janvier 2011. On saura alors si les primes ont eu leur effet.

« Pour signaler un contenu indésirable ou illicite, nous vous invitons à nous contacter à l'adresse suivante : contact@wk-rh.fr. »