Cette détérioration de l’emploi a également entraîné un ralentissement des salaires, qui néanmoins, si l’on tient compte de la forte réduction de l’inflation en 2009, s’avère moins important qu’en 2008.
Cependant, observe l’Insee, avec le début de la reprise, des signes d’amélioration se dessinent, le solde des créations d’emploi redevenant légèrement positif au quatrième trimestre 2009.
La crise économique a des répercussions fortes sur l’emploiet freine la progression des salaires.
• Fort repli de l’emploi. Avec 257 000 emplois en moins, le marché du travail connaît en 2009 le plus fort recul depuis l’origine des séries d’emploi en 1954, note l’Insee. La plupart de ces destructions ont lieu au 1er trimestre (– 219 000 emplois), la dégradation de l’emploi s’atténuant au fil de l’année 2009. Avec 336 000 emplois en moins, le secteur marchand a particulièrement pâti de la crise. En revanche, les secteurs non marchands sont particulièrement créateurs d’emplois (+ 88 000 emplois, contre + 38 000 en 2008), « dopés » par des moyens financiers plus importants affectés aux contrats aidés. Les entrées dans ce dispositif (+ 358 000) progressent ainsi de 29,5 % en 2009 et seulement de 2,2 % dans le secteur marchand. Conséquence logique de cette dégradation, le taux de chômage a augmenté de 1,9 point en 2009 par rapport en 2008 pour s’établir à 9,1 %, soit 500 000 chômeurs en plus. Cette hausse affecte toutes les tranches d’âge, et particulièrement les jeunes dont le taux de chômage atteint le niveau historique de 23,7 % (+ 4,6 points par rapport à 2008), contre 8,2 % chez les 25-49 ans (+ 1,6 point) et 6,1 % chez les 50 ans ou plus (+ 1,2 point).
• Ralentissement des salaires. En 2009, la croissance du salaire mensuel de base en euros constants ralentit légèrement : + 2,2 %, après 3,0 % en 2008. Ce fléchissement touche toutes les catégories professionnelles, même s’il est légèrement plus marqué pour les ouvriers et les employés (+ 2,2 %, après respectivement + 3,1 % et + 3,0 % en 2008) que pour les professions intermédiaires (+ 2,2 %, après + 2,9 %) et les cadres (+ 2,1 %, après + 2,7 %). Selon l’Insee, deux phénomènes sont à l’origine de ce ralentissement : l’aggravation de la dégradation du marché du travail et le net ralentissement des prix, qui ont eu pour effet de freiner les négociations salariales, ainsi que la « moindre inflation », qui a entraîné une moindre revalorisation du smic (+ 1,9 % en moyenne annuelle, contre + 3,0 % en 2008). En revanche, observe l’Insee, si l’on tient compte de l’inflation, particulièrement basse en 2009, les progressions des rémunérations réelles sont finalement plus importantes qu’en 2008.
En lien avec la crise économique, l’année 2009 est également marquée par une hausse des dépenses de prestations du risque emploi-chômage (+ 10,8 %) : les montants versés au titre de l’aide au retour à l’emploi (ARE) et de l’allocation spécifique de reclassement (ASR) progressent respectivement de 21,3 % et de 150,2 %. Les prestations liées au risque pauvreté-exclusion connaissent également une croissance particulièrement vive (+ 22,7 %) avec la généralisation du revenu de solidarité active (RSA) à l’ensemble du territoire métropolitain. « Environ la moitié de cette hausse peut être mise sur le compte de la dégradation de la situation du marché du travail qui tire à la hausse le nombre d’allocataires ».
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