La partie s’annonce serrée.
Ils ne pourront pas tabler sur une baisse du chômage, à court terme.
Le bureau de l’Unedic ne prévoit que 46 000 chômeurs indemnisés de moins fin 2010 et 99 000 fin 2011.
À cette date, le solde des recettes et des dépenses demeurerait négatif, à hauteur de 11 Mds€, en cumul.
Dans ce contexte,Geoffroy Roux de Bézieux, chef de file du patronat, qui n’a pas encore révélé la position officielle du Medef, verrait bien une reconduction de la convention actuelle dans ses grandes lignes, pour une durée de deux ans.
Quitte à renégocier après les élections. La position de la CFDT, seule signataire de la convention de 2009, n’est pas très éloignée.
Elle propose de maintenir les règles d’indemnisation et le niveau des cotisations actuels, qui ont fait leurs preuves.
Tout juste faut-il « instaurer une cotisation variable selon la durée dans l’emploi ou l’investissement des entreprises ».
Laurent Berger, secrétaire national, est catégorique : « On compte 312 840 personnes ayant bénéficié du passage de six à quatre mois pour déclencher l’indemnisation.
À ces bénéficiaires s’ajoutent 163 920 demandeurs d’emploi indemnisés entre sept et 16 mois, qui auparavant auraient été exclus de l’indemnisation. »
Toutefois, la CFDT souhaite introduire de nouveaux avantages pour les chômeurs. Notamment des « droits rechargeables », qui consisteraient à récupérer ultérieurement, en cas de nouvel accident de carrière, la durée d’indemnisation non consommée.
« Ce serait une incitation à reprendre un emploi », insiste le secrétaire général, François Chérèque.
Les cédétistes suggèrent aussi une « avance de droits » pour les primo-demandeurs n’ayant pas quatre mois de cotisation, des jeunes en grande majorité.
Last but not least, ils demandent le maintien de l’allocation à 61 ans, pour les personnes devant faire le joint avec la retraite. De son côté, la CGT veut taxer les ruptures conventionnelles, dont le nombre explose.
« Rien qu’en 2010, elles ont coûté 1,3 Md€ à l’Unedic, sous forme d’indemnisations », calcule Mourad Rabhi, secrétaire confédéral.
Et la centrale de Montreuil remet au goût du jour son projet présenté pour la première fois en 2005, visant à majorer les cotisations sur les contrats précaires afin de renflouer les caisses de l’Unedic.
Chiffrée par les experts du cabinet Secafi, une telle mesure générerait au bas mot 4,5 Mds€ par an. « À moins qu’elle décourage sensiblement les recours abusifs à ces formes d’emploi, ce qui restera positif. »
Le concours d’idées entre syndicat ne fait que commencer, à l’approche de ces négociations.
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