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La négociation sur l’emploi des jeunes est lancée

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Politique de l'emploi

La négociation sur l’emploi des jeunes est lancée

À l’heure où Xavier Bertrand, ministre du Travail et de l’Emploi, prépare des mesures sur les contrats en alternance, les partenaires sociaux ont amorcé le 8 février la négociation sur l’emploi des jeunes. De l’avis de tous (Medef, CGPME, UPA, CFTC, CGT, CFDT, FO, CFE-CGC), la discussion a été constructive, pragmatique, et toutes les problématiques ont pu être abordées.

09/02/2011 Liaisons Sociales Quotidien, 10/02/2011

 

 

Après une ouverture de séance faite par le Medef sur un constat alarmant et partagé de la situation de l’emploi des jeunes, les partenaires sociaux ont dégagé trois grands thèmes de négociation : l’accès à l’emploi, le maintien dans celui-ci et l’accompagnement matériel. La liste pourra être complétée par la suite. Les négociateurs ont en outre fixé une méthode de travail et un calendrier.

Accès à l’emploi

Concernant le sujet de l’accès à l’emploi, les partenaires sociaux ont convenu de traiter plusieurs sous-thématiques :

– l’accompagnement des jeunes demandeurs d’emploi ;

– l’alternance ;

– l’embauche dans les entreprises ;

– la formation ;

– les stages.

Un consensus syndical s’est dégagé sur la nécessité de donner un vrai statut aux stagiaires. FO souhaiterait que les stagiaires puissent cotiser pour la retraite et qu’on fixe une durée maximale de stage, six mois paraissant être une durée raisonnable, a déclaré Stéphane Lardy. Le problème des dérogations hors cursus est aussi à aborder, a-t-il ajouté.

S’agissant de l’apprentissage, pour remédier au taux d’échec important, Sabine Génisson (CGT) envisage la mise en place d’un groupe paritaire. Elle aimerait en outre instaurer un « CIF-jeunes » qui donnerait un droit à la formation à des jeunes en échec scolaire qui auraient travaillé au moins six mois.

La CFDT demande par ailleurs au patronat des « objectifs chiffrés », par exemple en matière d’alternance et de contrats de professionnalisation, et verrait favorablement la constitution d’un « fonds d’investissement social jeune » alimenté par les partenaires sociaux et éventuellement par un apport public, a expliqué Laurent Berger.



Maintien dans l’emploi

La question du maintien dans l’emploi devrait amener les partenaires sociaux à aborder la question des contrats précaires et du tutorat.

CGT et CFTC aimeraient que les contrats précaires soient taxés. En cas de succession de tels contrats, les jeunes devraient bénéficier d’un contrat de transition professionnelle (CTP) – ou de son successeur – au bout de deux ans, avec une rémunération égale à 80 % du smic brut, estime Gabrielle Simon (CFTC). Selon elle, « les intérimaires devraient voir en outre leurs cotisations modulées par rapport à la durée de vie dans l’entreprise ».

La solidarité intergénérationnelle constitue un autre point de convergence des organisations syndicales. Ainsi, la CGT a avancé l’idée d’un « contrat de professionnalisation intergénérationnel », sur volontariat du senior. Le but serait d’organiser la transmission des savoirs tout en maintenant les qualifications dans l’entreprise. Le senior travaillerait à 80 % et serait rémunéré à hauteur de 90 %, mais l’entreprise cotiserait à 100 % pour la retraite. En contrepartie, elle embaucherait un jeune dans une formation qualifiante. Le financement de ce dispositif se ferait par la réorientation des fonds récoltés au titre des heures supplémentaires défiscalisées et des divers allégements de charges. FO verrait plutôt le versement d’une allocation solidarité intergénérationnelle (ASI). Elle considère qu’il faudrait une véritable reconnaissance de la fonction tutorale au niveau interprofessionnel.



Accompagnement matériel

Le thème de l’accompagnement matériel sera traité en transversale avec les deux premiers. Il s’agirait de se pencher sur le logement, les transports et la restauration. FO souhaiterait à ce sujet la mise en place d’un dispositif proche de celui de « l’allocation jeunes salariés ». Il faudrait aussi dégager, selon la même organisation, une enveloppe pour donner aux jeunes les connaissances de base qu’ils n’ont pas forcément et lutter ainsi, entre autres, contre l’illettrisme. Marie-Françoise Leflon, déléguée de la CFE-CGC, a insisté sur l’urgence de la problématique matérielle, et estime qu’elle doit faire l’objet d’actions avant même la fin de la négociation, ce à quoi le chef de fil de la délégation patronale, Benoît Roger-Vasselin (Medef), ne semble pas hostile.



Méthode et calendrier

Pour chaque thème, le travail s’organisera en trois étapes : cibler le public concerné, trouver un dispositif puis son financement. Des experts pourront être auditionnés lors de dates supplémentaires à celles fixées au calendrier.

Le Medef préférerait interroger des acteurs proches du terrain plutôt que des experts. Certains partenaires sont en outre divisés sur la possibilité d’associer l’État à cette négociation.

Quoi qu’il en soit, le rythme sera d’une réunion tous les 15 jours :

– le 3 mars, la séance devant être consacrée à l’accompagnement des jeunes demandeurs d’emploi ;

– les 15 et 29 mars ;

– les 7 et 29 avril ;

– et les 11 et 23 mai

Les partenaires sociaux espèrent une signature d’un accord avant la fin du premier semestre 2011.

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