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L'emploi et le travail dans 20 ans : scénarios d'évolution et propositions du CAS

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L'emploi et le travail dans 20 ans : scénarios d'évolution et propositions du CAS

Le Centre d’analyse stratégique (CAS) a publié le 6 juillet un rapport sur le travail et l’emploi dans vingt ans. Après avoir piloté, durant un an, un groupe de travail qui a notamment cherché à répondre à cinq questions concrètes sur le travail en 2030 (pourquoi, pour qui, comment, quand et où travaille-t-on ?), deux scénarios d’ensemble ont été envisagés : l’un d’« accélération technologique et sociétale » et l’autre de « rééquilibrage et de volontarisme des acteurs ». Face aux défis de taille que cela engendrerait notamment pour l’État, le CAS formule quatre propositions.

07/07/2011 Liaisons Sociales Quotidien, 07/07/2011

Les dimensions amenées à évoluer

La note fait état de cinq dimensions concrètes du travail amenées à évoluer dans le temps : les motivations du travail, les relations d’emploi, l’organisation et le contenu du travail, les espaces et les temporalités du travail et de l’emploi.

Les salariés travaillent pour trois types de raisons, estime le CAS : le revenu, l’épanouissement personnel et l’intégration sociale. Selon le Centre, la diversité des formes et modes de rémunération devrait persister, tout comme les contraintes sur le coût de travail. En outre devrait se poursuivre la diffusion du travail intellectuel, des préoccupations de bien-être, et le développement de la dimension relationnelle du travail.

Par ailleurs, la question de savoir pour qui les salariés travaillent anime aussi ces derniers. Sur ce plan, les formes de travail devraient évoluer sur la base de deux facteurs : le maintien du caractère hégémonique du salariat d’une part, la mutation du travail indépendant et le développement de formes de travail aux limites floues d’autre part.

En outre, la manière de travailler irait vers une diversité de modes d’organisation du travail avec une diffusion de la « lean production » (polyvalence, flux tendus) et de la forme « apprenante » (autonomie dans le travail, fort contenu cognitif). En parallèle, la santé au travail devrait rester un sujet central du débat social.

Enfin à l’échelle de l’entreprise, le travail risquerait de se disperser en unités de production plus petites, et le travail à distance et le nomadisme se développeraient. Pour finir, les temps se combineraient différemment : formation, emploi et inactivité se juxtaposeraient davantage, selon la note.

Les scénarios envisagés

Le CAS envisage deux scénarios d’évolution du travail et de l’emploi à l’horizon 2030.

• Le premier, celui d’une « accélération technologique et sociétale » dessine surtout les contours d’un univers travail-emploi marqué par un modèle de croissance fondé sur l’économie de la connaissance, numérique et verte. Cela amène à un développement important des nouvelles formes de travail et de formation, grâce, notamment, à l’usage intensif des TIC. Sur le plan sociétal, la demande d’autonomie et la contestation de l’autorité iraient vers un accroissement du travail indépendant ou d’une forme de « salariat moins subordonné ». En outre, l’accélération technologique favorisant la formalisation de certaines compétences techniques et le développement de profils experts à tous les niveaux, les logiques de type « marchés professionnels » croîtraient. La société civile et les régulations par le marché et les acteurs joueraient ici un plus grand rôle.

• Le second scénario, celui « de rééquilibrage et de volontarisme des acteurs » se fonde, lui, sur l’avènement de nouveaux équilibres favorables à une moindre pression sur le travail et l’emploi. Des évolutions du contexte macroéconomique et diplomatique international modifieraient en effet le poids des contraintes externes pesant sur les entreprises françaises, notamment la pression concurrentielle sur la compétitivité-prix. Les organisations internationales seraient plus aptes à réguler le système financier ainsi qu’à imposer des normes sociales minimales. Cette dynamique serait soutenue par des mouvements syndicaux transnationaux entre autres. Ici le capital humain, les formes d’organisation du travail apprenantes et collaboratives seraient valorisées. Tout réside, selon le CAS, dans la capacité de l’État, des partenaires sociaux et de la société civile à agir conjointement pour favoriser un modèle de croissance plus soutenable.

Les propositions pour l’avenir

À partir de ces constats et scénarios, le CAS émet quatre propositions pour répondre aux enjeux d’avenir que sont la compétitivité et la cohésion sociale.

La première consiste à disposer d’un panel d’outils de gestion des chocs conjoncturels. À court terme, il faudrait améliorer les outils existants et mieux cibler les publics éloignés de l’emploi. À moyen terme, il est préconisé de disposer d’outils réversibles : dispositifs dormants, guide d’élaboration de mesures types, mesures au déclenchement ou à l’évolution quantitative conditionnés à certains seuils macroéconomiques.

Ensuite, le CAS propose de passer à une politique plus axée sur l’appariement entre l’offre et la demande sur le marché du travail.

En outre, il préconise de mettre en place un « compte individuel social » de droits portables, et ce, progressivement, après négociation et à partir du couple compte épargne-temps (CET) et du DIF. Ceci permettrait de faciliter la mobilité professionnelle et l’adaptation des réponses à chaque personne. Ce compte devrait être créé par étapes :

– création d’un dossier individuel d’information sur les droits sociaux ;

– puis, création d’un vrai compte à partir du CET, regroupant tous les droits sociaux ;

– enfin, extension progressive du périmètre du compte à d’autres champs.

Enfin le CAS suggère de développer la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), au moyen de la communication, d’un travail de conviction, et de l’élaboration concertée d’un cadre de référence, avec un vrai « label RSE ». Cette RSE pourrait engendrer une nouvelle forme de gouvernance des entreprises ; mais pour cela, les acteurs devraient agir sur les politiques industrielle, éducative, diplomatique.

www.wk-rh.fr/actualites/upload/CAS-travail-et-emploi-dans-20-ans.pdf

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