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La représentativité patronale au cœur des débats

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Avant-scène

La représentativité patronale au cœur des débats

Jusqu’à l’été 2008, le patronat ne manquait jamais l’occasion de pourfendre l’obsolescence des règles de représentativité des organisations syndicales. Aujourd’hui, la polémique change de camp.

08/12/2011 Gestion Sociale, N° 1716

La représentativité patronale au cœur des débats

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Car rien ne justifie désormais la différence de traitement entre organisations syndicales et patronales. Une évidence rappelée la semaine dernière par Jean-François Roubaud, le patron de la CGPME, et Alain Cordesse, président de l’Usgeres. « Pour parfaire les règles de la démocratie sociale voulue par les pouvoirs publics, il convient de fixer un cadre permettant de mesurer la représentativité patronale au niveau national et interprofessionnel », expliquent les deux dirigeants, en réclamant l’organisation d’une « élection nationale sur sigle » d’ici 2013. Les déclarations de ce surprenant attelage – quoi de commun entre la conservatrice CGPME et la sociale Usgeres ? – ont pris tout le monde de court. Qu’il s’agisse de Laurence Parisot, la présidente du Medef, qui n’a guère goûté l’initiative. Ou de l’UIMM de Frédéric Saint-Geours, premier financeur de la CGPME. Le Medef va devoir sortir du bois rapidement. D’autant plus que d’autres acteurs patronaux ont pris soin de rappeler leur existence. à l’image de CroissancePlus, d’EDC, d’Ethic et de Parrainer la croissance, qui ont fait savoir leur souhait de participer aussi au sommet sur l’emploi promis par Nicolas Sarkozy pour janvier. Du côté des pouvoirs publics, silence radio.
Mais le ministère du Travail vient de recevoir un précieux document, commandé en 2009 après appel d’offres. Intitulé « L’Espace patronal français : acteurs, organisations, territoires », ce rapport, dirigé par le sociologue Michel Offerlé, émane d’un groupe de 12 chercheurs. Présenté fin novembre à la DGT, mais encore confidentiel, il contient quelques bombes. Après compilation des chiffres, fédération par fédération, l’équipe en conclut notamment que le Medef ne pèse pas 780 000 entreprises adhérentes, comme il le revendique, mais… 340 000. Et encore. En additionnant les adhérents déclarés, Michel Offerlé arrive au chiffre de 240 000. Auquel il a généreusement rajouté 100 000 unités pour tenir compte du secteur du commerce. Une surévaluation massive, donc, à laquelle s’adonneraient également la CGPME et l’UPA. Les chercheurs ont aussi disséqué les raisons qui poussent les dirigeants à adhérer à une organisation patronale. Bilan : leurs motivations sont d’abord consuméristes, liées aux services rendus. « Les organisations professionnelles ont peu d’incitations militantes […] et peu de références doctrinales ou d’identifications susceptibles de renforcer une loyauté qui ne soit pas seulement instrumentale », notent-ils. Des conclusions qui ne plaident guère pour une élection nationale par sigle. Et rendent ses résultats éventuels très incertains.

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