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Le coût horaire du travail en France oscille entre 21 et 49 € selon le secteur

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ÉCONOMIE ET CONJONCTURE

Le coût horaire du travail en France oscille entre 21 et 49 € selon le secteur

Selon une étude de l’Insee du 22 février, le coût horaire moyen d’un salarié en France, dans les entreprises d’au moins dix salariés dans le secteur marchand, est de 31,82 € en 2008.

23/02/2012 Liaisons Sociales Quotidien, du 23/02/2012

Baisser le coût du travail pour gagner en compétitivité internationale. Tel est le leitmotiv du projet gouvernemental visant à transférer une partie des cotisations sociales patronales sur la TVA et la CSG. L’Insee a publié, jeudi 22 février, une étude sur les déterminants du coût du travail en France et en comparaison internationale sur la période 1996-2008. Cette étude donne un éclairage nouveau sur la question. Il en ressort que le coût du travail en France est relativement élevé, mais proche de celui de l’Allemagne dans l’industrie, et que les écarts européens se resserrent lorsque l’on prend en compte le niveau de productivité. Quant au poids des cotisations sociales patronales, il ne constitue pas un déterminant spécifique du coût horaire du travail : seul le niveau de taxation globale (cotisations et impôts) compte.

Le coût horaire varie selon la taille des entreprises et la main-d’œuvre

Le coût horaire du travail prend en compte d’une part les rémunérations perçues par le salarié (salaire brut, primes, épargne salariale, etc.), d’autre part les cotisations sociales payées par l’employeur et, enfin, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses et les taxes sur les salaires, déduction faite des subventions perçues.

En France, il varie fortement d’un secteur à l’autre. C’est dans les activités financières et d’assurance, dans la production d’électricité et de gaz, et dans le secteur de l’information et de la communication qu’il est le plus élevé. Il y est supérieur à 40 €. À l’autre bout de l’échelle, le coût horaire du travail dépasse légèrement les 20 € dans l’hébergement-restauration et dans les services administratifs. Au total, il est plus élevé dans l’industrie (33 €) que dans le tertiaire (32 €) et la construction (28 €).

Les différences sectorielles s’expliquent principalement par la taille des entreprises qui composent le secteur, leur localisation et la qualification de la main-d’œuvre. Les entreprises de plus de 50 salariés sont tenues à des obligations légales, notamment la participation aux bénéfices. Elles offrent également plus que d’autres des avantages en nature, une mutuelle santé ou un dispositif de retraite facultatif, qui peuvent représenter une part significative du coût. Les secteurs où la proportion de cadres est plus forte connaissent également un coût horaire moyen plus élevé. C’est notamment le cas du secteur de l’information et de la communication. Enfin, la localisation des entreprises joue : le coût horaire moyen est plus élevé de 43 % quand l’établissement est implanté en Île-de-France.

Les baisses de cotisations modifient la structure du coût salarial


En 2008, la rémunération des salariés, épargne salariale comprise, représentait en moyenne 67,3 % du coût horaire du travail, dans les entreprises d’au moins dix salariés du secteur marchand. La part des cotisations sociales à la charge de l’employeur est quant à elle en moyenne de 28,3 %, le solde étant constitué des frais de formation professionnelle et de différents impôts et taxes sur les salaires. L’analyse par secteur du poids des cotisations sociales employeurs montre des écarts significatifs : il varie de 25 % dans l’hébergement-restauration à 29,8 % dans l’information-communication. Un écart de près de cinq points qui s’explique principalement par la politique d’allégement de cotisations sociales. Les secteurs dans lesquels la proportion de main-d’œuvre rémunérée en dessous de 1,6 smic est forte bénéficient davantage de ces réductions de cotisations. D’autres éléments peuvent également faire varier le taux de cotisation : la part donnée à l’épargne salariale dans la rémunération, celle-ci bénéficiant d’exonérations ou encore les différences de prise en charge de cotisations conventionnelles et facultatives (prévoyance, subventions au comité d’entreprise, etc.).

La France a un coût du travail proche de l’Allemagne dans l’industrie

Dans sa publication annuelle « Emploi et salaires », publiée également le 22 février, l’Insee propose une analyse comparative de l’évolution du coût du travail en Europe, entre 1996 et 2008. Cette analyse met en lumière la forte hétérogénéité du coût horaire du travail dans l’UE-15 : l’écart est près de 1 à 3 entre le Portugal et la Belgique, aux deux extrémités de l’échelle. Dans l’industrie manufacturière, la France (avec un coût horaire de 33 €) fait partie des cinq pays européens ayant le coût du travail horaire le plus élevé, mais il se situe en 2008 juste en dessous de celui de l’Allemagne. En revanche, il est plus élevé en France (32 €) qu’en Allemagne (27 €) dans le secteur des services marchands.

La productivité compense en partie les écarts de coût du travail


La structure du coût horaire du travail varie selon le niveau et le type de financement de la protection sociale, mais « seul le niveau global de taxe compte, pas la répartition entre cotisations sociales employeurs, cotisations sociales salariés et impôt sur le revenu », note l’Insee. Par ailleurs, les écarts de coût horaire de travail sont partiellement compensés par la productivité. L’évolution du coût salarial unitaire, qui prend en compte la productivité, montre ainsi une évolution comparable (entre - 0,5 % et - 0,7 % par an) en France et en Allemagne entre 1996 et 2008. En France, l’essentiel de la baisse s’est produit entre 1996 et 2000, relève l’Insee, c’est-à-dire au moment de la mise en place des 35 heures pour les entreprises volontaires et dans un contexte de croissance forte.

Au total, l’Insee constate une convergence du coût salarial unitaire dans les pays de l’UE-15. Une convergence qui se produit dans les services et dans l’industrie manufacturière, mais à un rythme nettement plus rapide pour cette dernière.

INSEE, Insee première n° 1393, février 2012
www.wk-rh.fr/actualites/upload/Inseepremiere1393-Cout-travail-France.pdf

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