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Le CAS analyse l'impact des TIC sur les conditions de travail

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SANTÉ AU TRAVAIL

Le CAS analyse l'impact des TIC sur les conditions de travail

Dans une note publiée le 29 février, le Centre d’analyse stratégique s’interroge sur les interconnexions entre les TIC et les modes d’organisation du travail

08/03/2012 Liaisons Sociales Quotidien, 08/03/2012

Le CAS analyse l'impact des TIC sur les conditions de travail

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Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont considérablement évolué durant les 15 dernières années. Toutefois, alors que deux actifs occupés sur trois les utilisent régulièrement dans leur activité professionnelle, l’impact de ces technologies sur le travail est peu analysé. Ce constat a amené le Centre d’analyse stratégique (CAS) à se pencher sur la question et à proposer quelques pistes pour prévenir les risques ou solutionner les problèmes qu’engendrent les TIC.

Les effets des TIC sur le rythme de travail et l’autonomie des salariés


Le CAS constate que les TIC provoquent de profonds changements dans le travail. En effet, la nature de ce dernier et les compétences mises en œuvre pour l’exercer sont modifiées. Le salarié n’agit plus directement, il recueille, traite et transforme des volumes d’information grandissants (surcharge informationnelle). De plus, les TIC, en lien avec l’organisation du travail et le management, accroissent les rythmes de travail, car sans en être directement la cause, ces technologies renforcent les contraintes organisationnelles et des normes de productivité. Les pannes et incidents liés aux TIC perturbent aussi les rythmes de travail, engendrant ainsi un stress important, notamment pour les salariés sous pression temporelle ou en contact direct avec des clients.

L’autonomie dans le travail est également transformée, car les TIC démultiplient les effets du contrôle du travail. En effet, paradoxalement, elles rigidifient la mise en œuvre de normes réglementaires. Elles ont de plus vocation à rationaliser et standardiser le travail, qu’on peut suivre en temps réel : traçabilité et contrôle a posteriori sont rendus possibles. Ce contrôle peut du reste devenir omniprésent par la précision d’objectifs de résultats et de moyens, la prescription du travail et la réduction de l’autonomie durant sa réalisation.

Les collectifs de travail sont renouvelés

Les TIC façonnent aussi les relations collectives, note le CAS. Elles contribuent au développement d’un nouveau modèle de collectif : le nomadisme coopératif. Ce nomadisme se caractérise par des modalités d’association peu formalisées et déterminées par les objectifs à atteindre par le projet, une structuration en réseau et un engagement fort des participants lesquels marquent tout de même leurs distances par rapport à l’entreprise. Les TIC auraient, selon le CAS, pour effet d’élargir les collectifs de travail, isolant ainsi les non-utilisateurs. Parfois, ces technologies peuvent appauvrir les liens sociaux, notamment dans les cas où un process et des outils standardisés sont appliqués à un grand nombre de salariés. Enfin le développement du travail en réseau, hors organigramme et frontières d’entreprise, peut affaiblir le sentiment d’appartenance.

Les pratiques managériales sont bousculées elles aussi. Le nomadisme, la numérisation et la virtualisation permettent une « déspatialisation » du travail nécessitant de renforcer les échanges avec les collaborateurs. Le CAS souligne que la capacité des managers à anticiper et conduire le changement occasionné par les TIC est déterminante pour garantir un impact favorable sur les relations de travail.

Conséquences sur la santé

Les TIC participent également, selon le CAS, à la croissance de la porosité entre sphère privée et sphère professionnelle. Elles exposent les utilisateurs à des risques de surtravail (dépassement du cadre d’horaires habituels), une productivité et une charge de travail plus élevés.

S’agissant de la santé des utilisateurs de TIC, le peu d’études disponibles dénotent des effets directs limités : ondes électromagnétiques, ergonomie et risques de TMS. En revanche, en raison du rôle qu’elles jouent dans l’intensification du travail, les TIC peuvent avoir des impacts indirects : job strain, stress, risques psycho­sociaux, notamment en cas de faible latitude décisionnelle.

Les recommandations du CAS

Pour développer la maîtrise des usages des TIC par les entreprises et faire du système d’information un outil d’aide au travail, le CAS recommande de mettre en place des outils de régulation interne, adaptés à chaque organisation (par exemple des contraintes physiques d’envoi d’e-mail ou l’élaboration de règles et de principes). Ce qui suppose d’analyser ces usages, notamment le contenu du travail réel fourni par le salarié et ses interactions avec le système d’information.

Cette démarche nécessite d’intégrer systématiquement les utilisateurs des TIC, les IRP et les DRH dans la définition et la mise en œuvre des projets.

L’effort de formation continue sur les TIC doit aussi être renforcé, ajoute le CAS. Les salariés doivent en effet être accompagnés face aux évolutions du système d’information.

Enfin, le Centre d’analyse stratégique préconise de mettre en place un groupe de travail interdisciplinaire et interinstitutionnel de suivi des usages professionnels des TIC. Acteurs des TIC, du monde du travail, Coct, et Conseil national du numérique pourraient ainsi partager leur diagnostic.

CAS, Note d’analyse n° 266, février 2012
www.wk-rh.fr/actualites/upload/Note-CAS-TIC-conditions-de-travail.pdf

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