Le portage salarial à l’international a la cote. C’est une solution souple pour gérer des missions de courte durée à l’étranger, généralement de trois à six mois à temps plein. Il est même de plus en plus utilisé comme un mode d’externalisation d’un service complet. Le principal avantage est de pouvoir recourir à des compétences pointues sans se soucier des formalités d’embauche encore plus compliquées lorsqu’il s’agit d’expatriation, même temporaire.
Pas besoin de payer une assurance spécifique ni de se préoccuper des conditions de sécurité dans le pays d’accueil de la mission. Le cadre et sa société de portage s’occupent de tout cela. « La plupart des entreprises qui nous contactent ne savent pas gérer les aspects administratifs d’une mission à l’étranger. Elles comptent sur notre connaissance des conventions fiscales internationales », confirme Olivier Vigoureux, gérant de Partialis consulting.
Pour le compte du cadre, les cabinets prennent en charge la responsabilité civile professionnelle du porté, y compris l’assurance rapatriement. « C’est un gros avantage pour l’entreprise qui s’en trouve débarrassée », souligne Roland Bréchot, directeur général d’ITG, un des principaux intervenants du marché. Le portage à l’international dispense aussi de mesures d’accompagnement, comme c’est le cas pour un cadre à demeure. Pas de prime d’expatriation ni de détachement. En outre, la formule a l’intérêt d’être souple. « Surtout dans les entreprises où l’information préalable des partenaires sociaux est requise avant l’embauche. Le portage n’a pas d’incidence sur la masse salariale et sur les seuils d’effectifs », précise Josette Londé, gérante de Cap export, société de portage lyonnaise spécialisée dans l’international. C’est aussi intéressant pour les boîtes contraintes de geler les embauches alors que des projets se poursuivent à l’étranger.
Idem lorsque les entreprises font face à des conflits sociaux dans des filiales, bureaux ou implantations hors de l’Hexagone. « Dans ce cas, le consultant externe a l’avantage de ne pas être englué », constate Laurence Rémy, responsable de l’agence CED en Savoie. Il n’est pas nécessaire non plus de connaître à l’avance la durée de la mission. Contrainte embarrassante lorsqu’il s’agit de conclure un CDD, mais sans importance pour le portage. L’entreprise ajustera le contrat au fur et à mesure et se contentera d’acquitter la facture correspondante.
D’un autre coté, le portage à l’international profite de la pénurie de compétences expertes. Pour Antoine Catta, PDG de Links conseil, « la découverte de nouveaux marchés sera de plus en plus sous-traitée à des professionnels aux compétences très pointues, dans le cadre de missions ponctuelles qui peuvent être successives ». Parmi les plus demandés : les spécialistes de la stratégie internationale, les pro de la supply chain sans frontières et les fins connaisseurs d’un secteur particulier. Comme cet ingénieur porté par ITG, parti réaliser un diagnostic de la signalisation des chemins de fer indiens, durant 60 jours étalés sur huit mois, pour une facture de 48 000 euros.
Ou encore ce consultant d’ABC Portage, qui bosse pour Sagem depuis 2006 afin de créer un réseau télécoms à Madagascar. Il n’est pas rare que les entreprises recherchent des professionnels pour leur connaissance fine de la culture locale. Cas de cette consultante américaine francophile de 40 ans, chargée par un éditeur californien d’adapter des jeux pédagogiques au public hexagonal. Durée de la mission à temps partagé entre Paris et San Francisco : un an.
Enfin, le portage international profite indirectement des fonds européens alloués à certaines entreprises pour subventionner leur démarche qualité ou leur processus de normalisation. Les sommes perçues ne pouvant pas être utilisées pour embaucher, elles recourent au consulting.
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