Que peuvent avoir en commun Dolce Frégate, Accor, Sacer Atlantique et DCNS, quatre entreprises de taille et de secteur d’activité totalement différents ? « Leur action en matière de prévention de la santé », répond Jean-Pol Mairiaux, président de l’association Axa Santé, organisatrice du grand prix “La prévention santé au cœur des entreprises”, dont Entreprise & Carrières est partenaire. Leurs initiatives se sont vu récompenser, le 9 octobre, lors de la deuxième édition de cette manifestation qui, selon Jean-Pol Mairiaux, est un bon cru. « Les dossiers déposés (une soixantaine de dossiers de candidature, NDLR) sont plus sophistiqués. Nous sommes en présence d’entreprises courageuses dans leur approche. Les actions réalisées l’an dernier l’avaient été davantage sous la pression réglementaire », souligne le président de l’association. Ce dernier identifie trois catégories d’initiatives : les dossiers “classiques”, en réaction à une situation de travail nocive ; ceux ciblant le salarié et son comportement pour une vie saine ; et, enfin, des dossiers qui répondent à une attente des salariés, demandeurs, par exemple, d’actions de lutte contre le stress.
Premier à monter sur le podium : le groupe Accor, primé dans la catégorie “des entreprises de plus de 5 000 salariés”, pour son programme de lutte contre le VIH. Cette épidémie, selon le groupe hôtelier réunissant 4 000 établissements à travers le monde, n’est pas sans incidence sur le secteur du tourisme. Il s’agit, pour ses acteurs, de mobiliser leurs collaborateurs, qui, localement et internationalement, peuvent sensibiliser les voyageurs, améliorer la prévention de la maladie auprès du plus grand nombre et, parfois, faciliter l’accès au traitement. A cette fin, Accor a impliqué l’ensemble de ses directeurs d’hôtel pour présenter cette volonté à l’ensemble de ses 172 700 salariés. Ensemble, ils communiquent avec les acteurs locaux de lutte contre le sida, informent, mettent à disposition des préservatifs, échangent leurs bonnes pratiques… En appui, le groupe s’est doté d’un DVD intitulé “Act-HIV”, diffusé dans toutes ses structures.
Dans la catégorie de 300 à 5 000 salariés, l’initiative de Sacer Atlantique a été primée. Elle s’est attaquée à un tabou : la consommation de psychotropes. « Cette action s’inscrit dans une large politique interne de prévention des risques d’accidents du travail qui a conduit à réduire d’un peu plus d’un tiers le nombre d’accidents avec arrêt cette année, présente Nicolas Le Callonnec, responsable formation sécurité de cette société de travaux publics de 1 500 salariés. Nous nous sommes ensuite intéressés à la santé des salariés et aux risques liés à l’addiction à l’alcool et aux stupéfiants. »
Pour aborder ce thème, la direction a choisi les journées sécurité organisées au sein des vingt établissements. Durant une heure, les salariés, mais aussi les intérimaires et les différents sous-traitants, étaient invités à participer à un atelier animé par Marc Elie, un ancien toxicomane. Son atout ? Evoquer sans langue de bois le sujet des drogues douces et dures. Il leur a présenté les produits ainsi que les risques sanitaires et judiciaires liés à leur consommation. « Le but de cette sensibilisation étant d’impulser une démarche de responsabilisation de notre personnel », souligne Nicolas Le Callonnec. Et, contre toute attente, les salariés ont apprécié l’information. Ce qui a motivé la direction à poursuivre sur sa lancée. D’ici à la fin 2008, Marc Elie se rendra sur les chantiers pour échanger à nouveau sur le sujet et distribuer des tests urinaires. Les volontaires pourront vérifier si leur organisme garde ou non des traces de cannabis.
Preuve que la prévention de la santé n’est pas l’apanage des grandes entreprises, l’action de Dolce Frégate, récompensée dans la catégorie de moins de 300 salariés (pour plus de détails, lire page 46). Cette entreprise hôtelière s’est distinguée par son approche originale de la gestion du stress. Managers, producteurs de tensions En effet, ce ne sont pas les salariés dans leur ensemble qui ont été suivis, mais les managers, potentiellement producteurs de tensions sur les membres de leur équipe. Tous sont partis en formation. A l’arrivée : une nouvelle compétence managériale d’écoute et de réponse. Une manière inédite et responsable de reconnaître le rôle de l’organisation et de l’encadrement dans la survenance de ce problème.
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