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L'expérience syndicale peu reconnue par l'entreprise

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DIALOGUE SOCIAL

L'expérience syndicale peu reconnue par l'entreprise

L’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) a publié, le 8 septembre, la première étude sur la valorisation des compétences syndicales. Cet état des lieux n’augure rien de bon pour les négociations à venir sur la qualité du dialogue social.

par EMMANUEL FRANCK 08/09/2014 Entreprise & Carrières

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Heureux hasard du calendrier, la publication du rapport de l’Orse sur la valorisation des compétences syndicales est intervenue la veille de la séance préparatoire à la négociation interprofessionnelle sur la « qualité et l’efficacité du dialogue social dans les entreprises et l’amélioration de la représentation des salariés ». Les partenaires sociaux se sont en effet retrouvés, le 9 septembre, pour fixer à début octobre le départ de cette négociation, dont l’un des volets traitera justement de la question de l’évolution professionnelle des représentants syndicaux, de leur formation et de la validation de l’expérience acquise pendant leur mandat.

Le rapport de l’Orse fait un état des lieux des pratiques et des réflexions sur le sujet. L’enjeu est de renouveler les effectifs syndicaux, de les rajeunir et de les féminiser, ce qui suppose de valoriser l’engagement syndical, afin qu’il ne soit plus synonyme de sacrifice.

VINGT-SIX ACCORDS ANALYSÉS

Dès 2008, les partenaires sociaux et le législateur s’étaient emparés de la question. Les entreprises ont, depuis, l’obligation de signer un accord « pour prendre en compte l’expérience acquise dans le cadre de l’exercice de mandats ». Mais aucun état des lieux n’avait jamais été réalisé. L’Orse s’en est chargé. L’observatoire a recensé et analysé 26 accords d’entreprise traitant de ce sujet. Mais il a également relevé les initiatives provenant d’autres acteurs : confédérations syndicales, fédérations, associations, universités, collectivités territoriales. Plusieurs pages sont également consacrées aux réflexions des universitaires pour promouvoir les parcours militants. La deuxième partie du rapport est consacrée à l’engagement associatif.

UN BESOIN D’ÉLARGISSEMENT DU SUJET

« Nous avons pensé ce document comme un éclairage, explique François Fatoux, délégué général de l’Orse, qui regroupe des confédérations syndicales et de grandes entreprises. Car nous nous sommes aperçus que les confédérations n’étaient pas à l’aise sur le sujet, faute de connaître les pratiques existantes. Quant aux grandes entreprises ayant déjà avancé sur la valorisation de l’engagement syndical, elles se rendent compte qu’elles ne peuvent traiter le sujet seules et qu’il faut l’élargir. »

Les négociateurs interprofessionnels sur la qualité et l’efficacité du dialogue social bénéficient donc désormais d’un état des lieux complet sur la valorisation de l’expérience acquise pendant un mandat. Mais mieux vaudrait qu’ils ne le lisent pas s’ils veulent garder quelques raisons d’y croire.

Les freins à la reconnaissance des parcours syndicaux sont en effet nombreux. Le syndicalisme suscite discriminations et préjugés. « Certains cabinets professionnels conseillent d’occulter cette activité » dans le CV, constate ainsi l’Orse. Les auteurs observent également des réticences de la part des acteurs syndicaux à considérer l’engagement syndical comme un métier, à « mettre à l’ordre du jour des thèmes qui pourraient sembler ne servir que leurs intérêts […] ».

« Le modèle sacrificiel est encore très présent dans certains syndicats, regrette François Fatoux. Or ce modèle n’est plus tenable, car il rebute les salariés susceptibles de s’engager. »

DES EXPÉRIENCES DE VAE DÉCEVANTES

Surtout, les expériences de VAE syndicale qui ont été menées ici et là n’ont pas été concluantes. Or c’est justement le modèle le plus mis en avant, à travers l’expérience AXA-Sciences Po-Dialogues (lire notamment Entreprise & Carrières n° 1139 du 9 avril 2013). « Les rares exemples de réintégration sont le fruit de démarches individuelles, plus ou moins réussies, peu ou pas accompagnées par les structures syndicales et objectivement plus simples dans le secteur public ou dans les grosses entreprises privées qui ont mis en place des dispositifs de gestion des carrières syndicales […] », constatent les chercheurs Cécile Gayral et Cécile Guillaume (1), cités dans le rapport de l’Orse.

« Des confédérations ont connu une désillusion lorsque leurs militants ayant bénéficié d’une VAE ont été stigmatisés par des employeurs pour leur âge et leur engagement syndical », relève de son côté François Fatoux. Cet échec de la VAE syndicale a de quoi inquiéter autant les “vieux” syndicalistes qui veulent se reconvertir que les “jeunes” qui envisagent de le faire.

1) Cécile Gayral et Cécile Guillaume, La fabrication des carrières syndicales. Parcours militants et vie professionnelle, quelle dynamique ? Enquête auprès de cadres “intermédiaires” de la CFDT, Clercé, Lille 2011.

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