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Chômage de longue durée

Les associations saluent l'approche globale du plan Rebsamen

Les associations de soutien aux demandeurs d'emploi approuvent la philosophie du plan Rebsamen, qui vise à traiter le chômage de longue durée dans toutes ses dimensions. Mais elles doutent de sa mise en œuvre.

par Manuel Jardinaud 10/02/2015 Liaisons sociales magazine

Les associations saluent l'approche globale du plan Rebsamen
© Pôle emploi

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Plus de six mois d’attente et vingt propositions. Annoncé lors de la grande conférence sociale en juillet dernier, le plan de lutte contre le chômage de longue durée, humblement appelé « Nouvelles solutions », a été annoncé lundi 9 février par François Rebsamen, le ministre du Travail. Lequel a insisté sur la nécessité de cibler les plus fragiles :


Résultat de cette mobilisation ? Un catalogue de mesures visant à promouvoir un accompagnement global des 460000 demandeurs d’emploi ciblés. En prenant en compte la santé, le logement ou la garde d’enfants. En prime, une approche de terrain privilégiée, via le déploiement de la période de mise en situation en milieu professionnelle (PMSMP).

Le tout à partir d’un diagnostic précoce confié à certains conseillers de Pôle emploi délestés d’une partie de leur portefeuille.

Approche globale intéressante

Les associations, pour certaines d’entre elles en tout cas, semblent plutôt satisfaites : « L’approche globale est une nouveauté. C’est une idée intéressante, qui rompt avec les plans d’actions uniquement centrés sur l’emploi », explique Alexis Goursolas, chargé de mission Emploi-Formation à la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).

La Fondation Face, par la voix de son délégué général Vincent Baholet, juge « indispensable » ce point d’entrée du plan gouvernemental. « Beaucoup de retours à l’emploi ne se font pas pour des raisons sociales », souligne le dirigeant.

Quant à  Vincent Godebout, délégué général de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), il se réjouit de cette approche, notamment concernant les aides à la garde d’enfants « même s’il y a besoin d’une montée en charge très rapide ».

Reste que tous sont interrogatifs sur l’aspect opérationnel et sur la coordination à venir des différents intervenants. Qu'il s'agisse de Pôle emploi, des services sociaux des départements, des centres communaux d’action sociale, des associations. Le ministre du Travail a certes promis la multiplication des conventions et partenariats avec les acteurs concernés, tant au niveau national que local. Mais sans véritablement répondre à ces réserves.

Périodes d'immersion

Autre aspect mis en avant : un rapprochement avec le monde de l’entreprise. La Fondation Face, inspirateur de la PMSMP légalisé par la loi du 5 mars 2014, est satisfaite de la reconnaissance du dispositif. « Cette période d’immersion va permettre aux chômeurs de longue durée de retrouver confiance. On reconnaît enfin qu’une activité de travail peut suffire pour retrouver un emploi », explique Vincent Godebout. Il se veut optimiste sur l’implication des entreprises à accueillir ces demandeurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail.

Pour la Fnars, Alexis Goursolas regrette que, plus globalement, ce plan n’ait pas fait l’objet d’un accord national interprofessionnel (ANI). Il craint donc que ces dispositifs – comme le contrat de professionnalisation « nouvelle carrière » ou celui dit « nouvelle chance » – demeurent méconnus par les employeurs et les branches et, donc, finalement peu exploités.

Pour mieux accompagner les entreprises à « insérer » les chômeurs de longue durée, le gouvernement souhaite mettre en place un réseau d’experts susceptible d’intervenir auprès des RH ou des dirigeants. Une initiative encore floue mais « qui a du sens », selon Alexis Goursolas, tant les PME sont démunies face à ce type de public et manquent d’ingénierie. De son côté, la Fondation Face est déjà sur les rangs pour jouer ce rôle d’expertise.

Engagement financier faible

Les structures déplorent néanmoins le manque de moyens alloués au plan qui, selon le ministre, se fera à finances constantes. Plus critiques, les organisations de chômeurs rompent avec ces voix plutôt bienveillantes. Marc Desplats, président national du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), pointe l’absence de nouveautés et affirme que ce énième plan ne créera aucun emploi. Et ne serait même qu'un simple outil électoral avant les élections de mars.

Le MNCP prône un retour à la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs de plus de 58 ans et une hausse des minima sociaux pour ceux qui ne touchent plus d’indemnité.

Sur la même ligne, le réseau AC ! Agir contre le chômage parle de « mesurettes » : « Cela fait trente ans que l’on nous sert les mêmes plats, je ne vois aucune dynamique qui rendra espoir aux chômeurs », dit Pascal Lelong, responsable de l’organisation pour la région Champagne-Ardennes. Il enfonce le clou : « Le problème, c’est l’emploi. Et il n’y a pas d’emploi. » Sur ce point, le plan Rebsamen n’offre aucune perspective.

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