ArcelorMittal veut aller vite. Pour assurer le succès de son plan de départs volontaires, le groupe sidérurgique n’a donc pas lésiné sur les moyens, comme en témoigne l’accord signé le 26 janvier. D’abord destiné aux fonctions support, ce plan, qui s’adresse prioritairement aux salariés nés avant 1953, concernera aussi les personnels de production. « Une façon de leur obtenir un départ anticipé pour cause de pénibilité », se félicite Michel Mainguy (FO-Métaux). Le plan prévoit des indemnités de départ exonérées et majorées – jusqu’à sept mois de plus si le salarié se décide dans le premier mois de mise en œuvre, quatre mois dans les deux suivants – et un rachat de huit trimestres de cotisations retraite. Avec le risque « de voir les plus jeunes revenir s’inscrire aux Assedic pour bénéficier de la Sécurité sociale ou parce que leurs indemnités ne suffiront pas jusqu’à la retraite », s’inquiète Françoise Rouziès (CFDT).
ArcelorMittal est allé encore plus loin en proposant aux candidats au départ une indemnité exonérée destinée à « compenser financièrement la perte définitive de leurs droits » à l’avantageux régime de retraite chapeau des cadres d’Usinor, fermé depuis décembre 2005. Moyennant une ponction sur les 257 millions d'euros de provisions externalisées chez Sogecap et destinées à servir les rentes de ses quelque 10 000 bénéficiaires. « Un scandale ! » aux yeux de Dominique Plumion, administrateur (CFDT) de ce régime, qui estime que « cette ponction dénature non seulement l’accord conclu en 2005 avec les partenaires sociaux, mais risque aussi de remettre en cause les rentes prévues, faute de capital suffisant ». Une réunion de la commission financière du régime est d’ailleurs prévue le 3 février pour faire le point.
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