Les salariés handicapés de Capgemini pourront-ils se rendre sur leur lieu de travail cette semaine ? Rien n’est moins sûr. La subvention qui permet à ces consultants, notamment, de se faire rembourser le taxi pour se déplacer chez leurs clients, ne devrait plus être versée à compter du 1er février.
Après un précédent accord d’entreprise, signé en 2006, un nouvel accord en faveur des travailleurs handicapés devait permettre le maintien de cette subvention. Il est bien signé, le 21 novembre, par FO et la CFTC. Mais la CFDT et la CGT, majoritaires, s’y opposent, ce qui a pour effet de l’annuler. La CFE-CGC ne s’engage ni dans un sens, ni dans l’autre. La subvention devait donc cesser le 1er janvier.
Sous la pression des travailleurs handicapés, réunis en collectif pour dénoncer la position de la CFDT et de la CGT, la direction accepte de prolonger la subvention d’un mois. Mais, à la fin de la semaine dernière, aucune solution ne se profilait. Faute d’accord, les fonds, qui correspondent à ce que doit verser Capgemini à l’Agefiph pour n’avoir pas atteint le quota de salariés handicapés, doivent être reversés à l’organisme.
En général, les accords handicap font consensus. Pas ici. Pour justifier leur position, les syndicats opposants font valoir que la direction refuse une gestion paritaire des fonds. « Nous voulons empêcher que la direction utilise ces fonds à d’autres fins que le handicap », déclare Jean-Marc Fournier, délégué CGT, qui rappelle que si son organisation avait signé l’accord de 2006, c’était sous réserve que les syndicats puissent contrôler l’usage des fonds, ce qui n’a jamais été le cas, selon lui.
« Je suis d’accord pour dire que l’utilisation des fonds doit être plus transparente, et que, si cet accord n’est pas le meilleur, il a, toutefois, le mérite d’exister », fait valoir, de son côté, Rémy Rigaudie, délégué FO. Contactée, la direction n’a pas donné d’explications.
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