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Syndicalisme

Paroles heureuses de berger

De son propre parcours jusqu’au modèle social porté par la CFDT, la centrale qu'il dirige, Laurent Berger livre une pensée optimiste. C'est rare !

par Jean Mercier 05/01/2016 Liaisons Sociales Magazine

Paroles heureuses de berger
© D. R.

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On ne voit pas de meilleure manière de commencer l’année 2016 qu’avec le livre de l’actuel secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Car il s’agit d’un beau message d’optimisme syndical, qui ne se complaît pas dans les jérémiades revendicatives, oublie les polémiques entre « boutiques » confédérales et n’idéalise pas le statu quo sous couvert de protection des acquis sociaux.

La lourde actualité de novembre 2015 a sans doute nui au retentissement de cet ouvrage, et c’est dommage. Laurent Berger y revient sur sa propre formation. Il explique ce qui l’a mené au poste de leader confédéral, alors qu’il s’est toujours vécu plutôt comme un homme de terrain. Le prof d’histoire vivant de remplacements s’est construit un « métier » de syndicaliste en mêlant étroitement son activité militante « pour les idées et la justice » dans les Pays de la Loire à des actions en profondeur pour les chômeurs de longue durée ou l’insertion des jeunes.

Pour lui, l’une ne va pas sans les autres, ce qu’il illustre par des exemples. Celui de Béatrice Lestic chez Air France, qui transforma « un plan technocratique de réduction des dépenses et de coupes claires en un plan accepté par 65 000 salariés habitués au conflit ». Ou d’Annick Le Guével, une des rares à faire déraper Emmanuel Macron en défendant l’employabilité des salariés de Gad. Savoureuse est la visite guidée par Laurent Berger de l’implantation cédétiste à Lauwin-Planque chez Amazon où même les responsables de la section CFDT ne ­parlent plus de sympathisants mais de « followers ». Un long développement est consacré à l’accord de compétitivité chez Renault, premier pas vers la mise en place du concept de « l’entreprise étendue », c’est-à-dire « la relation renforcée avec les équipementiers et fournisseurs ».

Le dirigeant entreprend aussi de définir le modèle social que cherche à faire émerger sa centrale. « Un modèle plus protecteur pour ceux dont la carrière professionnelle se déroule en dehors du CDI à vie dans la même entreprise. » Un virage qui implique de tenir compte de l’activité des gens, et plus seulement du contrat de travail.

D’une manière plus générale, Laurent Berger invite les partenaires sociaux à penser autrement. Et à placer au premier rang de leurs préoccupations la transition écologi­que, énergétique et numérique, mais aussi l’Europe. L’ouvrage s’achève sur la revendication du moment à la CFDT : le compte social personnel. « Créer une assurance employabilité, une banque des temps, voilà les défis à relever ! » lance Berger. On en reparlera très vite…

Permis de construire. Nous vivrons ce que nous changerons,
Laurent Berger. Éditions Tallandier.
208 pages, 16,90 euros.

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