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Santé au travail : des progrès, mais peut mieux faire

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Baromètre des enjeux de RSE

Santé au travail : des progrès, mais peut mieux faire

Convaincues que la qualité de vie au travail est un enjeu important de leur stratégie de RSE, les entreprises tardent néanmoins à agir. La culture française de la santé au travail, qui a toujours préféré la réparation à la prévention, n’y est sans doute pas pour rien.

par Sabine Germain 05/04/2016 Entreprise & Carrières

Santé au travail : des progrès, mais peut mieux faire
© Andrey Popov

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Pour 66 % des entreprises interrogées dans le cadre du 4e baromètre des enjeux RSE (1) présenté le 31 mars lors du salon Produrable, les actions en faveur de la santé et de la sécurité au travail améliorent les performances économiques de l’entreprise. Pour autant, seulement 41 % d’entre elles intègrent réellement cet enjeu dans leur politique RSE, et 28 % considèrent que certaines dispositions de leur stratégie RSE ont une dimension santé et sécurité.

Qualité de vie au travail
C’est tout le paradoxe des réflexions autour de la qualité de vie au travail : il commence à y avoir beaucoup de croyants, mais encore assez peu de pratiquants. « À l’instar des responsables développement durable, qui ont longtemps prêché dans le désert, les spécialistes de santé ont une solide expertise, mais ils ont encore du mal à se faire entendre », résume David Mahé, président de Stimulus, cabinet de conseil en qualité de vie au travail.
On peut voir la bouteille à moitié pleine : la qualité de vie au travail est placée au quatrième rang des priorités des entreprises en matière de RSE (elle est citée par 41 % des personnes interrogées), devant l’innovation (40 %), les achats responsables (34 %) et l’efficacité énergétique (37 %). « Ces résultats incitent à l’optimisme même s’ils montrent une marge de progrès », commente Anne-Sophie Godon, directrice innovation, études et veille de Malakoff Médéric.


Mais on peut aussi voir la bouteille à moitié vide. Cet optimisme est largement tempéré par les trois principales priorités des entreprises en matière de RSE, qui relèvent toutes peu ou prou du champ du marketing et de la communication : se différencier du marché (46 %), communiquer vers l’externe (45 %) et améliorer la communication interne sur la RSE (45 %).

Des améliorations difficiles à identifier

S’il fallait faire preuve d’optimisme : 44 % des personnes interrogées considèrent que lier la RSE à la santé au travail produit des améliorations sur la situation de l’entreprise. Ce taux monte à 50 % dans les grandes entreprises dont le chiffre d’affaires excède 1 milliard d’euros. Le problème, c’est que ces améliorations sont difficiles à identifier : 11 % seulement considèrent qu’elles sont visibles et quantifiables, alors que 32 % estiment qu’elles sont, certes visi­bles, mais non quantifiables.
De plus, alors que les stratégies de santé, de sécurité et de qualité de vie sont essentiellement portées par les DRH, plus de la moitié des salariés français travaillent dans des PME. « N’oublions pas que la plupart des PME n’ont pas de DRH, insiste Corinne Letheux, médecin-conseil au Cisme (Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise). Nous devons intégrer les PME dans nos travaux de recherche et apprendre à parler directement à leurs dirigeants, pour les accompagner et les aider à déployer des programmes de prévention au sein de leur entreprise ou au niveau de leur branche professionnelle. »

La prévention, parent pauvre

La prévention reste, hélas, le parent pauvre de la culture française de la santé en général, et plus encore de la santé au travail. « Sur les 14 milliards d’euros dépensés chaque année par la branche AT-MP (accidents du travail et maladies professionnelles), seulement 600 millions  d’euros sont consacrés à la prévention, regrette David Mahé. C’est un choix collectif qui mérite d’être repensé. »
Directeur des ressources humaines France et des relations sociales du groupe de chimie Solvay, Jean-Christophe Sciberras approuve : « Non seulement la prévention coûte moins cher que la réparation, mais elle a le mérite de montrer aux salariés qu’on leur porte de l’attention et qu’on n’oublie pas qu’au milieu de tous les projets d’une entreprise, il y a d’abord des hommes. » Une évidence ? « Quand un grand projet de transformation échoue, c’est souvent parce que les dirigeants l’ont oublié, poursuit Jean-Christophe Sciberras. Or ces échecs peuvent produire des dégâts considérables. »

Associer les DRH aux décisions

Au-delà de la prévention, il plaide donc pour une réelle association des DRH aux décisions stratégiques, « afin de leur permettre d’anticiper et d’alerter sur les risques du changement ». C’est d’autant plus ­nécessaire que « les entreprises vivent aujourd’hui une accumulation de changements », estime David Mahé, qui cite les mutations digitales, organisationnelles, de marché… Mutations qui ont un impact réel sur la santé des salariés : « Au cours des quinze dernières années, la santé physique a fait d’énormes progrès alors que la santé psychologique s’est dégradée. »
Ce n’est donc pas un hasard si, dans le palmarès de leurs priorités en matière de santé, de sécurité et de QVT, les entreprises interrogées placent la prévention des risques psychosociaux au premier rang (53 %), devant la prévention des risques physiques (48 %), le renforcement de la sécurité sur les lieux de travail (48 %), l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle (44 %), l’égalité professionnelle (43 %), la promotion des bons comportements d’hygiène de vie (38 %)… et la pénibilité (36 %), qui n’arrive qu’en septième position !

Outils de diagnostic

Faute d’indicateurs suffisamment robustes pour mesurer leurs progrès en la matière, les entreprises continuent à s’appuyer sur des outils de diagnostic très classiques : le nombre d’accidents du travail (53 %), le baromètre social (49 %), le taux d’absentéisme (48 %), le bilan social (46 %) et le document unique (44 %). Les indicateurs plus qualitatifs (sur la santé et la sécurité, la prévention, les maladies professionnelles, les rapports de la médecine du travail) arrivent loin derrière, cités par moins de 28 % des entreprises. C’est peut-être de ce côté-là que la stratégie de santé, sécurité et bien-être au travail doit encore progresser…

* Étude réalisée de janvier à mars 2016 par Malakoff Médéric et l’Orse (Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises) auprès de 209 professionnels de la RSE en entreprise.

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