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Restructuration

La CCIP Paris-Ile de France se prépare à licencier

Une semaine après l’annonce de 315 suppressions de postes, les syndicats négocient avec la direction les critères d’ordre de licenciement. Une première dans l’établissement public. 

par Anne Fairise 15/04/2016 Liaisons Sociales Magazine

Changement d’époque à la Chambre de commerce et d’industrie de région Paris Ile-de-France. Depuis l’annonce, le 7 avril, de la suppression de 315 postes sur 4400 (soit 7% des effectifs) en 2016, pour «faire face aux coupes budgétaires décidées par l’État», un dispositif d’assistance psychologique a été mis en place pour les agents consulaires. 

Et les syndicats s’apprêtent ce vendredi 15 avril à négocier avec la DG RH les critères fixant l’ordre des licenciements et à déterminer lesquels privilégier dans la décision. La direction en propose, pour l’instant, trois (charges de famille, ancienneté de service, caractéristiques sociales rendant la réinsertion difficile).  

Droit de substitution

Autant de «premières» dans l’établissement public qui n’a jamais recouru, d’emblée, à des licenciements secs, malgré deux vagues de suppressions de postes depuis 2012. Compte-tenu des possibilités de reclassements internes – 200 postes ouverts –, le nombre de salariés permanents licenciés devrait s’établir à 115, calcule la direction. Mais l’ardoise risque d’être bien plus lourde selon la CFE-CGC. «Les postes ouverts au reclassement nécessitent, pour certains, des qualifications ou des compétences très éloignées de celles des permanents dont le poste est supprimé», martèle Josué Bensabath (CFE-CGC). La Chambre régionale a prévu un budget de 1 million d’euros, pour accompagner les reclassements, internes et externes.

Pour limiter la casse, la CGT veut obtenir un droit de substitution – permettant à un agent souhaitant quitter la CCI de se substituer à un collègue, au profil similaire, dont le poste est supprimé – au-delà du strict périmètre de l’unité opérationnelle, actuellement retenu. «Ce périmètre peut être élargi pour permettre les échanges de postes, par exemple, d’une direction à l’autre», précise Jeannine Marty, déléguée CGT. 

Le premier syndicat de la Chambre régionale demande également le maintien dans leur emploi des agents pour qui un reclassement est identifié à moyen terme, par exemple suite au futur départ à la retraite d’un collègue. «Cette mesure s’avère souvent moins coûteuse qu’un licenciement», précise la CGT, qui réclame encore la mise en place de retraite progressive «pour libérer des postes». 

Magnifique parc immobilier

Avec cette nouvelle vague de réduction d'effectifs, qui s’ajoute aux 710 départs volontaires enregistrés en 2015, la CCI Paris Ile-de-France prévoit de réaliser une économie de masse salariale de 83,6 millions d’euros entre 2014 et 2017 (-14%). «La masse salariale est la principale variable d’ajustement», déplorent les syndicats.

Pour compenser au centime près la baisse entre 2013 et 2016 de 140 millions d’euros de la Taxe pour frais de chambre (TFC) payée par les entreprises, qui l’a plongée dans le rouge, la Chambre régionale escompte également réduire ses frais de fonctionnement mais dans une proportion moindre (-11%, soit une économie de 17,3 millions d’euros entre 2014 et 2018). Sans toucher à son magnifique parc immobilier. «Notre patrimoine est rationnalisé en permanence. Nous ne vendrons pas les bijoux de la couronne pour retrouver un équilibre d’exploitation. Ce n’est pas souhaitable», s’est défendu Jean-Paul Vermès, président de la Chambre régionale. Celle-ci est logée dans un superbe hôtel particulier du VIIIe arrondissement parisien, construit à la fin du XIXe siècle.

Pour revenir à l’équilibre financier d’ici 2018, la CCI Paris Ile-de-France a déjà réduit de moitié ses investissements entre 2014 et 2016 (– 100,3 millions d’euros). Elle prévoit d’augmenter ses ressources propres, notamment par le repositionnement de son offre de services aux entreprises, la reconsidération de sa place dans le secteur marchand avec l’abandon des activités ne présentant pas un «avantage concurrentiel clair et identifié». 

Rideau pour le Biop

Il y a matière, comme l’écrit le cabinet ayant planché sur le projet de réorganisation. Ainsi, les directions chargées des services aux entreprises, qui sont aujourd’hui les plus impactées par les suppressions de postes (-6%), coûtent deux fois plus cher qu’elles ne rapportent. La «réorganisation importante vise à réduire l’écart entre la TFC positionnée dans ce domaine (57 millions d’euros en 2015) et le chiffre d’affaire réalisé (27,8 millions d’euros)», note le cabinet. 

La restructuration dans les services Enseignement-recherche-formation va se traduire par le regroupement, en filière intégrée, de 8 des 24 écoles de la Chambre régionale et par des fermetures de services déficitaires ou de formations désormais inadaptées aux besoins des entreprises. Le Bureau d'information et d'orientation professionnelle (Biop), qui accueillait 2500 personnes par an, va baisser le rideau. Le Centre de formation des apprentis (CFA) Chauvin dans le Val-d'Oise, fréquenté par 500 jeunes, devrait quant à lui sortir du giron de la Chambre régionale qui souhaite le céder, "faute de pouvoir y effectuer les travaux de maintenance nécessaires".

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