Chiffres catastrophiques du chômage au mois de janvier dans l’Hexagone. Sur fond de crise économique, le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie 1 – à la recherche d’un emploi à plein-temps en CDI et ayant exercé une activité d’au plus 78 heures dans le mois – a grimpé de 4,3 % en un mois (CVS), soit 90 200 chômeurs de plus. Du jamais vu depuis 1991, date de la création des statistiques sur les DEFM de catégorie 1. Pour autant, ce chiffre historique pourrait ne pas le rester longtemps. « Je pense qu’on rentre dans une phase où on va avoir des chiffres comme ça sur plusieurs mois », a en effet déclaré Laurent Wauquiez, secrétaire d’état à l’emploi. En un an, ce sont 294 000 chômeurs de plus qui sont comptabilisés (+ 15,4 %).
Signe que la dégradation du marché du travail s’accélère, la hausse du chômage en janvier pour la seule catégorie 1 est quantitativement le double de celle enregistrée le mois précédent. Certes, janvier est traditionnellement un mois de volume important d’inscriptions au chômage en raison des fins de CDD, mais les chiffres de la Dares et de Pôle emploi attestent de la montée des inscriptions au chômage en lien avec les premiers plans sociaux intervenus en 2008.
Le nombre des DEFM de catégorie 1+6, à la recherche d’un CDI à temps plein, qu’ils aient ou non exercé une activité réduite dans le mois, croît de 3,2 % (+ 10,2 % en un an). Celui des DEFM des catégories 1 à 3 et 6 à 8, personnes à la recherche d’un emploi et ayant pu exercer une activité réduite dans le mois, augmente de 2,9 % en un mois (+ 7,2 % en un an).
Parmi les DEFM de catégorie 1, c’est toujours le chômage des moins de 25 ans qui progresse le plus fortement, à + 5,1 %. Mais les autres catégories d’âge ne sont pas épargnées. Le chômage des seniors et celui des 25-49 ans sont respectivement en hausse de 3,9 % et 4,1 %. Les hommes pâtissent le plus de cette conjoncture économique difficile. Le nombre de DEFM masculins augmente de 5,5 % sur le mois contre + 2,9 % pour les femmes.
Le chômage de longue durée s’envole : il progresse de 3,8 % en un mois (+ 8,6 % en un an). Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an à Pôle emploi atteint désormais 533 100 personnes (données CVS). Parmi eux, 21 % sont considérés comme chômeurs de très longue durée (inscrits au chômage depuis au moins trois ans).
En janvier, 402 900 personnes (données CVS-CJO) se sont inscrites au chômage. Un chiffre en hausse de 5 % en un mois et de 11,2 % en un an. On enregistre une forte augmentation des licenciements économiques (+ 6,7 %) et des fins de CDD (+ 7,1 %). Les premières entrées progressent aussi significativement (+ 6,1 %), alors que les entrées consécutives à la fin d’une mission d’intérim n’augmentent que faiblement (+ 0,2 %).
Les sorties de Pôle emploi s’établissent à 324 000 au cours du mois (en données CVS-CJO), en baisse de 1 %. Les reprises d’emploi sont en repli de 1,1 %, tandis que les entrées en stage chutent de 17,2 %. En données brutes, le nombre de sorties de Pôle emploi pour « absences au contrôle » et « radiations administratives » est en nette diminution sur un an, respectivement de – 2,7 % et de – 17,2 %.
Autre signe de la détérioration du marché du travail, la contraction des offres d’emploi déposées à Pôle emploi. En janvier, 220 300 offres ont été collectées (données CVS-CJO), soit 15,4 % de moins qu’en décembre 2008 et 29,3 % de moins qu’en janvier 2008. Parmi les emplois proposés, près de la moitié ont une durée inférieure à six mois.
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