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La PME, l'entreprise idéale des jeunes

Ils ne se voient ni en petits soldats d’un grand groupe ni en free-lances isolés. Les jeunes plébiscitent la PME, à condition qu’elle porte un projet mobilisateur et des valeurs d’autonomie et de transparence. En exclusivité, les résultats d’une étude de l'institut CSA pour JLL.

par Anne-Cécile Geoffroy et Chloé Joudrier 08/09/2016 Liaisons Sociales Magazine

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Les grandes entreprises n’ont qu’à bien se tenir ! Pour les jeunes actifs, les PME représentent leur modèle idéal d’organisation. Devant les start-up et le freelancing qui n’ont pas encore réussi à ringardiser la petite boîte. C’est l’une des conclusions de l’étude sur l’entreprise libérée menée par l’institut CSA pour le spécialiste de l’immobilier d’entreprise JLL, que Liaisons sociales magazine vous livre en exclusivité. L’enquête a été réalisée au printemps auprès de 211 salariés de moins de 35 ans travaillant en Ile-de-France et en région lyonnaise. Et a été complétée par des entretiens qualitatifs auprès de trois autres profils : des jeunes en classe préparatoire, des étudiants en fac et des startupers de moins de 30 ans.

« Nous sommes partis du concept d’entreprise libérée, très en vogue en ce moment. L’idée était de voir si ce modèle représente l’avenir de l’entreprise pour les jeunes, explique Flore Pradère, responsable des études chez JLL. Or le concept ne leur parle pas, la dénomination restant incomprise. Elle inquiète même une partie des jeunes, qui imaginent dans ces structures une absence totale d’organisation et des salariés livrés à eux-mêmes. »

Confiance et bienveillance

L’anarchie non, l’autonomie oui. Si l’entreprise libérée reste une notion floue, celle de démocratie d’entreprise parle, en revanche, aux nouvelles générations. Ainsi, 49 % des salariés interrogés estiment qu’ils seraient plus engagés à l’égard de leur employeur si celui-ci adoptait un modèle fondé sur des prises de décision par consentement et un partage de responsabilités. « Les jeunes ont des réserves vis-à-vis du pouvoir. L’entreprise libératrice, plutôt que libérée, est une promesse de paradis », analyse Philippe Détrie, créateur de La Maison du management.

Et c’est bien là que les PME font la différence avec les grandes entreprises, assimilées – souvent à juste titre – à des organisations pyramidales où l’autonomie n’a pas sa place. Les moins de 35 ans ont aussi des attentes très précises concernant le travail. 67 % veulent sentir que leur chef leur fait confiance, 60 % qu’il est bienveillant et près d’un sur deux veut être encouragé à prendre des initiatives sans crainte d’être jugé. De même, une proportion identique espère travailler dans une organisation la moins hiérarchique possible et participer à des projets audacieux.

Des résultats sans surprise, selon Philippe Détrie. « Les jeunes attendent de l’entreprise qu’elle soit apprenante. Ils sont engagés et veulent se sentir uniques », explique-t-il. Des affirmations que tempère néanmoins le sociologue François Sarfati, spécialiste du rapport au travail et à l’emploi des jeunes et chercheur au Centre d’études de l’emploi. « Il ne faut pas oublier que ces discours sont portés par des diplômés. Les salariés dits d’exécution n’ont pas du tout ces préoccupations au quotidien », rappelle-t-il.

Ambiance sympathique

L’employeur convoité par ces jeunes ? La PME. Par sa taille, elle leur semble le modèle le plus adéquat pour éviter les écueils de la rigidité excessive ou de l’hyperautonomie anxiogène. Ni les start-up ni les autoentrepreneurs ne les font fantasmer, ces derniers étant surtout perçus comme des travailleurs isolés. « Leur souhait, c’est de se retrouver dans une ambiance sympathique et familiale », confirme François Sarfati. Dans leurs rêves les plus fous, ils aimeraient rejoindre des BlaBlaCar, Allo Resto, Airbnb, Michel et Augustin. D’anciennes start-up devenues scale-up, qui ont mis en place des méthodes managériales innovantes et dont les patrons apparaissent comme des leaders, porteurs d’un projet et voulant « changer le monde ». Des « conquistadors des temps modernes », comme les appelle Philippe Détrie.

Les jeunes interrogés sont aussi beaucoup plus portés sur le collectif, l’aspect communautaire que peut développer une entreprise. Exemple parlant, BlaBlaCar, où 100 % des salariés sont covoitureurs. « La fierté d’appartenance est une valeur à laquelle les jeunes sont très sensibles. La proximité avec le chef d’entreprise aussi », souligne Flore Pradère, de JLL. Certains l’ont bien compris. Chez Allo Resto, la porte du patron, Gilles Raison, est ouverte deux heures par semaine à qui veut s’entretenir avec lui. Il se prête aussi régulièrement au jeu des questions-réponses sans filet.

« Le manager n’est plus un réducteur mais un accompagnateur d’incertitudes. Il doit s’ouvrir et coopérer pour donner confiance aux salariés », explique Philippe Détrie. Les sondés ont ainsi fait le portrait de leur manager idéal. Ils le voient courageux, respectueux, humain, dans la posture du coach plus que du N + 1. « Dans cette critique du lien de subordination, il y a une recherche d’équilibre. Mais il ne s’agit pas d’une utopie vraiment nouvelle. Dans les années 2000, on critiquait déjà la hiérarchie. On parlait du baby-foot et du patron cool en bras de chemise sans cravate », relativise François Sarfati.

"Pitch theatre" et jardin

Si la PME l’emporte aux yeux des jeunes générations, elle doit néanmoins s’adapter à leurs attentes. JLL en a ainsi identifié six. « Pour ces jeunes, le travail devient un “happening”. Ils cherchent surtout à vivre une expérience, ils veulent que ça bouge », souligne Flore Pradère. Dans le monde idéal des jeunes, le travail devient un flux et les bureaux une option. Inutile de leur proposer des locaux neufs, ils attendent des espaces authentiques, incarnés. Et se voient bien pianoter sur une table chinée dans une brocante plutôt que sur du contre­plaqué blanc et froid.

Invités à redessiner les bureaux de demain, les jeunes imaginent des espaces dédiés à des « battles d’idées ». Un « pitch theatre » qui permettrait à chacun de défendre une idée et de se valoriser. Et verraient bien se généraliser des fab labs. « Des entreprises dans lesquelles on expérimente et où on voit l’utilité de son travail », ajoute Philippe Détrie.Les générations montantes veulent aussi avoir accès à… la nature. Ceux interrogés par JLL mettraient bien les mains dans la terre. Butter, biner, sarcler et écouter pousser carottes et petits pois serait LA cerise sur le gâteau.

« Le jardin représente un lieu où l’on peut faire ensemble et surtout voir le résultat de son travail, explique Flore Pradère. Cela répond aussi à ce besoin de se sentir rattaché à une communauté. » Certaines entreprises pionnières s’y sont déjà mises. Dans le Rhône, l’assureur Alptis a profité du réaménagement de ses locaux pour faire un jardin et permettre à ses salariés de taquiner le ver de terre entre midi et deux. Reste à ne pas laisser s’installer les herbes folles…

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