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La résorption du déficit de l'Unedic n'est pas pour demain

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La résorption du déficit de l'Unedic n'est pas pour demain

Le déficit cumulé de l'assurance chômage atteindra 33,8 milliards d'euros fin 2017. L'essouflement de la croissance dû au Brexit et le poids des contrats courts plombent sa santé financière.

par Emmanuelle Souffi 20/09/2016 Liaisons Sociales Magazine

Voilà un rapport qui ne va pas faire les affaires du gouvernement. Et donner du grain à moudre aux candidats des primaires de la droite et du centre qui veulent quasiment tous refondre les allocations chômage. Selon le document sur les perspectives financières 2016-2019 remis au gouvernement et au parlement ce 20 septembre, les comptes de l’Unedic n’en finissent pas de s’enfoncer.

Pourtant, la légère reprise économique (+ 1,4 % de PIB) laissait espérer un léger mieux. D'autant plus que les différents dispositifs lancés par l’Etat (emplois d’avenir, CICE, aides à l’embauche dans les PME…) pouvaient soutenir l'emploi. Ainsi, 143 000 postes devraient être créés cette année, permettant au taux de chômage au sens du BIT d’atteindre 9,4 % fin 2016.

Insuffisant pour inverser la tendance. Le nombre de chômeurs indemnisés ayant continué de croître au premier semestre, le déficit de l’Unedic atteindra 4,3 milliards d’euros en 2016, soit quatre fois plus qu’en 2009. La dette cumulée frisera quant à elle les 30 milliards d'euros.

Les contrecoups du Brexit

Très sensible aux variations conjoncturelles – elle sert plus d’allocations et bénéficie de moins de rentrées de cotisations quand le marché du travail va mal –, l’assurance chômage risque aussi d'essuyer les contrecoups du Brexit. Le "non" anglais va peser sur l’activité en France et, par conséquence, sur les créations d’emplois, qui devraient ralentir en 2017. Avec une croissance révisée à la baisse par le consensus des économistes (+ 1,2 % de PIB), le taux de chômage devrait remonter à 9,5 % fin 2017.

Côté finances, le déficit de l'Unedic se creuserait une nouvelle fois de 3,8 milliards d'euros pour atteindre une dette cumulée de 33,8 milliards d'euros. Fin 2019, si rien n'est fait pour renégocier la convention – celle de 2014 a permis de réduire le solde de 450 millions d’euros par an –, le trou dépassera les 41,4 milliards d’euros.

Abyssal et impossible à résorber. À moins que la conjoncture ne s’améliore de façon spectaculaire et dans la durée. En la matière, l’Unedic s’est livrée à une intéressante hypothèse : si la France connaissait une décennie faste, comme en 1999-2008, où le PIB a crû jusqu’à 3 %, la dette fondrait de 28 milliards d'euros. Le rêve !

Très chère précarité

Sauf que la réalité est tout autre. Et les maux du régime multiples. Sans que les experts se l’expliquent vraiment, l'Unedic subit un déficit structurel de 1,4 milliards d'euros par an depuis 2010. Et l’évolution même de la structuration du marché du travail plombe aussi ses finances. La flambée des contrats courts (80 % des embauches se font en CDD) oblige l’assurance chômage à verser plus d’indemnités aux travailleurs précaires qu'elle n'en reçoit.

Ainsi, « les dépenses d’indemnisation pour les allocataires après une fin de CDD sont 3,3 fois plus importantes que les recettes », note l’Unedic dans son rapport. Lors de la dernière renégociation de la convention, au printemps 2016, les syndicats avaient souhaité la mise en place d'une surtaxation des contrats courts pour rééquilibrer le régime. Mais ils avaient essuyé un veto patronal.

Les salariés en CDI, eux, ne consomment que 0,6 fois ce qu'ils cotisent, d'après les chiffres de l'Unedic. En clair, ce sont eux qui supportent tout le coût de la solidarité du régime d'assurance chômage. Fragiliser le contrat à durée indéterminée et faciliter les formes alternatives d'emploi – comme le proposent Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy ou encore François Fillon – pourrait donc avoir des effets dévastateurs pour l'Unedic. En plombant un peu plus ses finances déjà bien mal en point.

 

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