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Les livreurs à vélo, tâcherons du XXIe siècle

Le paiement exclusif à la course, imposé cet été par Deliveroo à ses coursiers à vélo, signe la fin d’un âge d’or en matière de rémunération. Et annonce plus de pression et de mise en concurrence pour ces livreurs, vrais-faux indépendants.

par Anne Fairise 12/10/2016 Liaisons Sociales Magazine

Les livreurs à vélo, tâcherons du XXIe siècle
© D.R.

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Décidément, le vent est mauvais pour les coursiers à vélo sillonnant Paris et les métropoles hexagonales, à la demande des plates-formes numériques, pour livrer en un temps record salades, sushis ou burgers ! Fin juillet, le placement en redressement judiciaire de la start-up belge Take Eat Easy a laissé sur le carreau 2 500 runners dans la capitale, à Bordeaux ou à Lyon, qui n’ont pas été payés pour le mois écoulé. Et déplorent, pour certains, une ardoise allant jusqu’à 2 000 euros.

Début août, ce sont les 2 000 bikers du britannique Deliveroo, chargés de livrer « en moins de trente minutes », qui ont reçu une douche froide. Par mail, la jeune pousse en pleine expansion, aujourd’hui présente dans 16 villes de l’Hexagone, les a avertis d’un changement radical de braquet en matière de tarifs. Alors même qu’elle bouclait sa cinquième levée de fonds, d’un montant de 248 millions d’euros.

Fini, le paiement à l’heure (7,50 euros), assorti d’une commission par livraison selon l’ancienneté (de 2 à 4 euros), place à une « tarification exclusivement à la course » ! Un modèle, argue-t-elle, qui les aidera à « maximiser leur chiffre d’affaires »… Depuis le 8 août, c’est 5,75 euros par livraison à Paris, et 5 euros à Bordeaux, Lyon ou Toulouse, pour tout nouveau livreur, employé ici comme dans toutes les start-up du delivery service (Foodora, Stuart, UberEats) en tant qu’indépendant, sous statut d’autoentrepreneur.

Des conditions qu’elle tente d’imposer aux anciens. « Au motif que je ne m’étais pas connecté pendant un mois, Deliveroo a voulu m’appliquer ses nouveaux tarifs. J’ai tapé un scandale. Le contrat commercial, qui nous lie, est valable jusqu’à la fin de l’année. J’ai obtenu gain de cause », expli­que Matthieu Dumas, 22 ans, ex-cuistot et fondateur du Collectif des coursiers franciliens, qui fédère 1 000 livreurs sur Facebook.

À l’en croire, ça grogne fort chez les Deliveroo qui n’apprécient pas que la start-up reporte sur eux l’aléa des commandes. Beaucoup anticipent ainsi une baisse de leur chiffre d’affaires. À moins de pédaler plus vite lorsque les livraisons affluent, pour en capter un maximum, ou d’être plus longtemps disponible quand elles se font rares… « Les livreurs qui sont sur des zones où il y a peu de commandes vont morfler », pronostique Matthieu Dumas. Logique, puisqu’il n’y a plus de minimum garanti, sauf sur certains créneaux réduits, les shifts du soir, par exemple, où deux courses sont assurées par heure, soit 11,50 euros. « Mais il faudrait pouvoir faire trois livraisons par heure.

À moins de 15 euros l’heure, ce n’est pas rentable pour un autoentrepreneur, vu les charges », rappelle-t-il. Le coût d’achat du vélo, c’est pour le coursier. Les réparations aussi. Et il doit s’acquitter des cotisations au Régime social des indépendants, soit 24 % du revenu. Sans compter les assurances.

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