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Embellie en vue pour la formation privée

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Olivier Le Moal

Bilan économique de la Fédération de la formation professionnelle

Embellie en vue pour la formation privée

Les prestataires de formation privés, réunis par la Fédération de la formation professionnelle (FFP), s’attendent à une croissance de leur chiffre d’affaires en 2016, après une chute en 2015. Mais, pour eux, la réforme en cours reste négative.

par Laurent Gérard 20/10/2016 Entreprise & Carrières

Embellie en vue pour la formation privée
Olivier Le Moal

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Pour les organismes de formation privés de la FFP, 2016 semble s’annoncer comme l’année de l’embellie économique après une année 2015 calamiteuse. C’est du moins ce qui ressort des résultats de l’Observatoire économique (1) que la fédération a rendu publics le 14 octobre.

« En 2016, le chiffre d’affaires prévu est en hausse de + 3 %, après une chute de - 5,6 % en 2015 », résume le président Jean Wemaëre. Et, surtout, les estimations en matière de taux de marge brute s’améliorent nettement : 38 % des prestataires s’attendent à une hausse (contre 16 % en 2015), 43 % estiment qu’il restera stable (contre 39 %), mais seuls 19 % d’entre eux s’attendent à une baisse de ce taux de marge cette année, alors qu’ils étaient 45 % en 2015 !

Autre signe positif, quand les adhérents de la FFP se prononcent sur les perspectives 2017, ils sont encore plus optimistes : 59 % s’attendent à une croissance de leur chiffre d’affaires, dont 24 % de plus de 5 %. En revanche, les craintes de réduction de chiffre d’affaires chutent de 28 % à 12 % des avis, dont à peine 5 % s’attendent à une baisse supérieure à 5 %. C’est dire si ces chiffres traduisent une tendance au rétablissement spectaculaire, après une année 2015 noire qui demeurera longtemps en mémoire.

La réforme est encore jugée "négative"

Reste que les adhérents de la Fédération de la formation professionnelle gardent un souvenir cuisant des conséquences de la réforme de 2014. Une nette majorité d’entre eux (60 %) la jugent « négative », même si ce sentiment tend à s’amoindrir avec le temps : ils étaient 78 % de cet avis en 2015. À l’inverse, seul un tiers (34 %) l’estiment aujourd’hui « assez positive » ; c’est 10 points de mieux qu’en 2015 (21 %), mais les avis « très positifs » restent quasi inexistants (1 %).

Concrètement, l’impulsion donnée par la réforme à la formation ouverte et à distance reste majoritairement perçue comme positive (55 %), de même que la mise en place de l’entretien professionnel (53 %). Mais celle du conseil en évolution professionnelle est ressentie plutôt négativement (à 44 %), même si l’idée est appréciée.

L'enjeu du CPF

Le gros point noir est la mise en place du compte personnel de formation (CPF), et notamment son système de listes d’éligibilité qui concentre une majorité de mécontentements (57 %, dont 21 % d’avis nettement négatifs). Mais, sur la réalité du “business” apporté par le CPF, le résultat est plus flou : 20 % des adhérents reconnaissent quand même un impact « important » du CPF sur leur activité, et à peu près autant (22 %) un impact « assez important ». Derrière l’irritation créée par les listes d’éligibilité, la réalité des affaires est peut-être moins noire.

De l’avis des adhérents de la FFP, la réforme les a d’abord poussés à « adapter leur stratégie commerciale » (70 %) et leur « stratégie qualité » (59 %). Ainsi, la moitié des adhérents (48 %) déclare avoir développé de nouvelles fonctions dans leurs équipes, surtout des fonctions commerciales (65 %), devant la recherche et le développement (32 %) et les compétences numériques (30 %), qui, pourtant, sont en forte augmentation.

De même, 76 % des adhérents de la FFP sont déjà dans une démarche de qualité. Et, sur le quart restant, la moitié déclare être « en cours de démarche ». Dans quasiment l’intégralité des cas (92 %), ils visent la certification OPQF.

Montée du digital

Curieusement, la réforme semble avoir peu modifié leur politique de prix (faible impact pour 56 % des adhérents), alors que l’optimisation des budgets formation (lire l’encadré ci-contre) est vécue comme « la première priorité des entreprises clientes ».

Au final, les adhérents de la FFP voient « des perspectives de développement dans la numérisation, en phase avec la montée du digital dans les entreprises », révèle Jean Wemaëre. Un tiers des adhérents (34 %) mettent en avant la révolution digitale comme source de croissance, derrière les incontournables formations métiers (45 %), mais devant le management (33 %), le marketing-commercial (27 %) et les langues (16 %).

(1) Étude menée entre juillet et septembre 2016, à laquelle 211 des 543 adhérents de la Fédération de la formation professionnelle ont répondu, soit 39 %. À eux seuls, ils représentent 47 % du chiffre d’affaires total des adhérents, qui est de 1,8 milliard d’euros.

 


L’optimisation des budgets est en tête des priorités des entreprises
96 % des adhérents de la FFP déclarent que « l’optimisation des budgets formation est la principale attente des entreprises ». Une tendance ressentie unanimement, et intimement liée à une autre logique d’optimisation : celle des durées de formation ; 89 % des adhérents FFP constatent qu’elles continuent de baisser d’année en année. Ce qui se résume par le constat : « Pour le même prix, il faut faire plus. »

Parallèlement à cela, les entreprises souhaitent davantage d’individualisation de la formation (76 %). La tendance n’est pas nouvelle, et peut paraître un peu paradoxale. En fait, ce que les entreprises appellent individualisation prend surtout la forme d’un accompagnement via le digital à distance, formule jugée économiquement intéressante. Les prix ont déjà été très travaillés et pressés au cours des années précédentes, avec la généralisation du durcissement des politiques d’achat de la part des entreprises.

D’autres attentes des entreprises sont repérées par les adhérents FFP, comme la demande de diplômes et la certification (64 %), ainsi que l’évaluation et la valorisation de l’impact de la formation (63 %). Des tendances directement liées à deux fondamentaux de la réforme en cours : la création du CPF, qui accentue la logique de certification, et la disparition du 0,9 % plan de formation, qui impose à tout responsable formation de justifier l’ensemble de ses dépenses auprès de son directeur administratif et financier.

Pour répondre à ce besoin de certification exprimé par les entreprises, 76 % des adhérents de la FFP se sont mis en situation d’en délivrer, et, pour un quart d’entre eux, ces formations certifiantes représentent déjà plus de 50 % de leur chiffre d’affaires.

 

La FFP pèse 1,8 milliard d’euros
Les 543 prestataires de formation privés, adhérents de la Fédération de la formation professionnelle, rassemblent 1,799 milliard d’euros de chiffre d’affaires. La moyenne de chiffre d’affaires de 3,31 millions d’euros cache en réalité une grande concentration des activités : 6 % des adhérents réalisent 63 % du chiffre d’affaires total. Cegos à elle seule pèse 191 millions d'euros en 2015.
68 % de cette activité est réalisé sur des fonds privés, mais 69 % des adhérents travaillent à la fois pour des commanditaires privés et publics. 3,5 millions d’apprenants ont été formés par les adhérents de la FFP en 2015, et 87 % d’entre eux étaient des salariés.

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