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Le Défenseur des droits alerte sur la situation de l’emploi des femmes handicapées

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HANDICAPÉS

Le Défenseur des droits alerte sur la situation de l’emploi des femmes handicapées

Les femmes en situation de handicap sont sous-représentées dans l’emploi, constate le Défenseur des droits dans un rapport publié le 14 novembre.

16/11/2016 Liaisons Sociales Quotidien, 16/11/2016

Celles-ci rencontrent de nombreuses difficultés dans l’accès à l’emploi et dans leur évolution professionnelle. Pour lutter contre ce phénomène, le rapport propose notamment de développer le télétravail et la formation à distance afin de favoriser l’insertion professionnelle des intéressées.

À l’occasion de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées lancée le 14 novembre, le Défenseur des droits a publié, ce même jour, un rapport portant sur la problématique spécifique de l’emploi des femmes en situation de handicap. Et, sans surprise, cumuler le fait d’être de sexe féminin et d’être handicapé accroît les difficultés pour accéder à un emploi. De même, une fois en emploi, les salariées handicapées sont fortement défavorisées.

Des obstacles à l’accès à l’emploi renforcés

De manière générale, les deux principaux déterminants de l’activité féminine sont le niveau de diplôme et les charges de famille. Le Défenseur des droits a analysé leur influence sur la situation des femmes handicapées.

Il en ressort que l’obtention d’un diplôme de niveau supérieur n’améliore pas les chances des femmes handicapées d’avoir un emploi, à l’inverse de ce qui est constaté pour les hommes. Le Défenseur des droits cite ainsi l’enquête Handicap­Incapacité-Dépendance de 1999, selon laquelle « le taux d’accès à l’emploi en milieu ordinaire des BOETH [ndlr : bénéficiaires de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés] qui disposent d’un niveau supérieur est de 66,9 % pour les hommes et de seulement 22,8 % pour les femmes ».

S’agissant des charges de famille, le Défenseur des droits reprend le rapport Lemière de 2013, selon lequel « la conciliation emploi et vie familiale est plus difficile pour les femmes handicapées : gérer sa vie de famille, sa vie professionnelle, son temps de formation et éventuellement le temps passé en soins ou en rééducation peut paraître insurmontable ». À cet égard, le Défenseur des droits relève qu’il n’existe aucune aide spécifique, financière ou humaine, pour les parents en situation de handicap. Or, certains besoins liés à la parentalité ne sont couverts ni par les prestations familiales, ni par la prestation de compensation du handicap.

Enfin, les femmes en situation de handicap font face à une double ségrégation : d’une part, les secteurs qui recrutent des personnes handicapées sont concentrés et d’autre part, ceux-ci proposent surtout des emplois à prédominance masculine (activités industrielles).

Des carrières professionnelles moins valorisantes

Davantage à temps partiel, moins formées, peu présentes aux postes à responsabilité, les femmes handicapées bénéficient de trajectoires professionnelles peu favorables.

Ainsi, selon des chiffres de la DGFEP datant de 2013, près d’une femme handicapée sur deux (47 %) est à temps partiel, contre seulement 16 % des hommes. Pour le Défenseur des droits, ce recours au temps partiel pourrait être réduit en partie grâce au télétravail (gestion du temps plus facile, réduction du temps de transport et de la fatigue).

Par ailleurs, le Défenseur des droits note que les formations proposées aux femmes handicapées sont souvent peu adaptées. Les centres de rééducation professionnelle proposent ainsi des formations d’une durée de 12 à 18 mois, difficilement compatibles avec la vie familiale. En outre, les métiers visés par les formations concernent souvent le secteur industriel, marqué par des emplois à prédominance masculine. Autre élément critiquable : la formation en alternance est peu accessible aux femmes. Au premier trimestre 2015, seulement 23 % des demandeurs d’emploi en contrat d’apprentissage aidé par l’Agefiph étaient des femmes.

Enfin, les femmes en situation de handicap font face à un plafond de verre quasiment infranchissable. Selon des données de la Dares pour 2011, seulement 1 % des femmes handicapées sont cadres, contre 14 % de l’ensemble des femmes (et contre 10 % des hommes handicapés et 21 % des hommes en général). Même après avoir obtenu des diplômes de niveau supérieur, les femmes handicapées ne parviennent pas à accéder aux postes à responsabilité.
www.wk-rh.fr/actualites/upload/rapport-defenseur-droits-emploi-femmes-handicap-14novembre2016.pdf

LES RECOMMANDATIONS DU DÉFENSEUR DES DROITS

Dans son rapport, le Défenseur des droits émet 12 recommandations, visant notamment l’accès à l’emploi et la carrière des femmes handicapées. Il suggère ainsi de développer le télétravail et la formation à distance afin de favoriser leur insertion professionnelle. Il préconise également d’intégrer une approche genrée dans les négociations collectives et plans d’action sur l’emploi des personnes handicapées, notamment en ce qui concerne l’accès à la formation et l’évolution professionnelle.

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