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Neurosciences et big data bouleversent l’apprentissage

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Neurosciences et big data bouleversent l’apprentissage

Avec les Mooc, le volume de données issues de l’e-learning explose. Tandis que les sciences cognitives poussent très loin l’analyse du cerveau apprenant. À la clé, un cocktail explosif.  

par Catherine Abou El Khair 17/11/2016 Liaisons Sociales Magazine

Neurosciences et big data bouleversent l’apprentissage
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Selon un rapport de France Stratégie, 10,5 millions de personnes ont déjà fréquenté les principales plates-formes de Mooc, ces cours en ligne issus des universités, accessibles en quelques clics. Telles Coursera, TEDx ou sa version française, France Université numérique. De quoi laisser des milliards de traces en ligne, du simple clic aux résultats des tests en passant par les commentaires… Comment tirer du sens de cette masse de données, de manière à faire progresser les techniques éducatives ? C’est tout l’enjeu des learning analytics (analyse de l’apprentissage) qui s’imposent dans le monde de la formation.

En France, plusieurs universités, associant informaticiens et pédagogues ont lancé, début 2015, le projet Hubble. Son objectif : définir des protocoles d’analyse des données issues de ces environnements. Un défi immense. De leur côté, les concepteurs de Mooc font aussi des tests. « Les grandes plates-formes travaillent d’arrache-pied pour analyser comment les gens apprennent, interagissent avec la plate-forme, à quel moment ils se connectent », confirme Antoine Amiel, de LearnAssembly.

Comme 360Learning, un éditeur de plates-formes d’e-learning, qui décortique chaque action du stagiaire pour détecter les anomalies. « Par exemple, un décrochement systématique sur une question donnée signifie qu’elle n’est pas adaptée », décrypte Morgane Mallejac, de 360Learning.

Réalité virtuelle

La course à l’hyperpersonnalisation des formations est bel et bien lancée. Objectif : proposer la bonne formation au bon moment. Un rendez-vous commercial est inscrit à votre agenda ? Deux heures avant, vous recevrez la vidéo qui, en deux minutes, vous permettra de vous remettre à niveau sur un point technique !

Toutefois, les vraies avancées sont sans doute à attendre du côté des neurosciences. « Les sciences cognitives montrent qu’on n’apprend pas tous au même rythme », précise Ivan Ostrowicz, cofondateur de Domoscio. Lancée dans les « parcours d’apprentissage intelligents », sa start-up mise sur des questionnaires ou exercices ciblés avant, pendant et après les formations pour vérifier qu’elles ont bien été assimilées. Et on pourra peut-être aller beaucoup plus loin. En observant les mouvements des yeux d’une personne par le biais de casques de réalité virtuelle, par exemple.

« On peut ainsi analyser ce qui interpelle, ce qui déconcentre », note Clément Merville, président de Manzalab. Dans le cadre d’un projet baptisé NeuroVirtual, mené avec la Direction générale de l’armement et Normale sup, cet éditeur de serious games scrute même ce qui se passe dans le cerveau lors d’une séance d’apprentissage à l’aide d’un casque électroencéphalographe. « On mesure si l’individu maîtrise ou non ce qu’il est en train d’apprendre. Mais il faut encore valider les résultats », confie l’entrepreneur.

Si ces recherches peuvent révolutionner la formation, elles interrogent aussi sur le plan éthique. La question se pose dans les universités, qui détournent les données issues des cours en ligne. Fin septembre, le quotidien The Australian relatait qu’elles servaient déjà à « identifier les étudiants en risque d’échec ».

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