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Une salariée non cadre sur deux victime de sexisme

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Inégalités hommes-femmes

Une salariée non cadre sur deux victime de sexisme

C’est un phénomène invisible et que dévoile une étude du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle. Rares sont celles qui osent dénoncer le sexisme ordinaire par peur de perdre leur emploi. Et rares sont les entreprises qui agissent pour lutter contre.

par Emmanuelle Souffi 24/11/2016 Liaisons Sociales Magazine

« Tu sais quelle est la différence entre toi et un répondeur ? Lui au moins il retient les messages. » On rit jaune. Et on se pince. Balancé sur le ton de la plaisanterie, voilà le type de blague auxquelles les femmes peuvent être encore confrontées au bureau. Et oui, en 2016, alors que l’arsenal législatif s’est renforcé, le machisme reste un fond de commerce pour certains de nos collègues.

Près d’une salariée non cadre sur deux (47%) a déjà été confrontée directement au sexisme au travail, en tant que témoin ou en tant que cible, selon une enquête BVA pour le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP), publiée ce 24 novembre. Réalisée auprès de 10 000 femmes travaillant dans huit grandes entreprises, elle démontre que le phénomène dépasse les catégories socio-professionnelles, l’âge et les secteurs d’activités. « Il est massif et il blesse, constate Brigitte Grésy, secrétaire générale du CSEP. Ce sont tous ces actes en apparence anodins mais qui ont pour objet de délégitimer les femmes au travail. »

« Tu me fais un café ? »

Couper la parole, demander à faire le café, nier votre avis… Plus de la moitié d’entre elles ont été marginalisées lors de temps collectifs (réunion, débriefing, visites de chantier…). Pis, 42% ont eu le sentiment que, parce qu’elles sont des femmes, elles n’ont pas été augmentées ou primées.

Critiquée parce que pas assez féminine, infantilisation, priée d’aller s’occuper de leurs enfants… Une sur deux a subi des réflexions liées à des stéréotypes de sexe. Blessant. Profondément. Les trois quarts des victimes ont ressenti un sentiment d’injustice, de colère ou d’humiliation. 83 % estiment même que le sexisme peut avoir des conséquences néfastes sur la santé (insomnies, stress, dépression…).

Loi du silence

Pour avoir la paix et ne pas être taxée de rabat-joie, 53% ont donc déjà adopté une « conduite d’évitement » en ne portant pas certaines tenues vestimentaires, en fuyant des collègues ou managers trop lourds, voire même en ne demandant pas de promotion. Au bureau, comme dans la vraie vie, la loi du silence perdure. Six sur dix se sont tues par peur des représailles ou parce que cela ne sert à rien.

Il faut dire qu’à peine 18 % des entreprises combattent ces attitudes dévastatrices. Et même si elles en parlent – à leurs proches, collègues, supérieurs ou syndicats-, la majorité des femmes dénonce un manque de soutien flagrant. « Lutter contre le sexisme, c’est se battre pour une société où la liberté et l’égalité ont un véritable sens », a martelé Myriam El Khomri, ministre du Travail.

#sexismepasnotregenre

Depuis 2015, les agissements sexistes sont pourtant interdits dans le code du travail. La loi El Khomri d’août dernier oblige désormais les règlements intérieurs à le préciser. Elle a également ajouté la prévention des risques liés à de telles attitudes aux obligations de l’employeur en matière de santé au travail. Pour sensibiliser des directions encore peu actives, une grande campagne de sensibilisation a été lancée en septembre, intitulée #sexismepasnotregenre. Enfin, le CSEP a rédigé un guide pratique pour les aider à lutter contre ces agissements qui sapent au quotidien le moral des femmes. Dans les entreprises qui ont déclaré la guerre au sexisme ordinaire, il a diminué de moitié…

 

 

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