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L’artisanat et les professions libérales, ensemble contre le Medef

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L’artisanat et les professions libérales, ensemble contre le Medef

Les professions libérales rejoignent les artisans de l’UPA pour constituer l’Union des entreprises de proximité, l'U2P. La nouvelle organisation compte s’appuyer sur la réforme de la représentativité patronale pour augmenter son poids dans les organismes paritaires et les négociations interprofessionnelles.  

par Eric Béal 25/11/2016 Liaisons Sociales Magazine

Les artisans et les professions libérales montrent les muscles. « Nous sommes la première force patronale du pays. L’UPA et l’Unapl représentent ensemble 2,3 millions d’entreprises dont les chiffres d’affaires cumulés s’élèvent à 582 milliards d’euros. Nos entreprises emploient plus de quatre millions de salariés, soit 25% du nombre total des salariés français », rappelle Jean-Pierre Crouzet, encore président de l'UPA (Union professionnelle artisanale) jusqu’à la mi janvier, à l’occasion de l'adhésion de Unapl (Union nationale des professions libérales) à son organisation.

Peser sur les décisions politiques

L'UPA en a profité pour changer son appellation en U2P, ou Union des entreprises de proximité. Les représentants des 53 organisations nationales d’artisans du bâtiment, des métiers de services et fabrication, du commerce de proximité et de l’hôtellerie-restauration membres de l’UPA vont donc travailler étroitement avec ceux des 66 organisations nationales de professions libérales, affiliées à l’Unapl. « En réalité, nous avons commencé à travailler ensemble depuis 2014. Et nous avons contesté ensemble la priorité donnée aux accords d’entreprise sur les accords négociés par les branches professionnelles par la loi Travail », indique Michel Chassang, le président de l’Unapl.

« Avec l’U2P, nous espérons peser sur les décisions des représentants politiques en faveur des PME. Elles constituent le tissu économique dans les territoires. Et elles créent de l’emploi, contrairement aux grosses entreprises », souligne Jean-Pierre Crouzet, également président de la confédération générale de l'alimentation de détail (CGAD). « Tout le monde parle de l’économie de proximité. Or, c’est ce que nous représentons et nous voulons que le poids économique des PME ne soit pas oublié », insiste Pierre Martin, le président de la Confédération nationale de l’artisanat des métiers de service et de fabrication (CNAMS) et vice-président de l'U2P. C’est d’ailleurs ce que veut signifier la nouvelle dénomination de l’organisation patronale avec ses deux P. Pour professionnalisme et proximité.

Challenger la position du Medef

Mais l’équipe dirigeante de l’U2P a également un autre but. Que Patrick Liebus, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et vice-président de l’U2P, résume de façon lapidaire : « Nous serons plus forts ensemble pour contrer ceux qui veulent nous transformer en sous-traitants depuis des années. » Dit autrement, avec ce rapprochement les représentants de l’artisanat et des professions libérales espèrent chambouler la répartition des sièges dans les différentes instances paritaires.

Actuellement, le Medef « pèse » 60% des postes, la CGPME 30% et l’UPA 10%. Une situation que Patrick Liebus qualifie « d’injustice totale ». Les dirigeants de l’U2P ne veulent plus d’un « strapontin » lors des négociations interprofessionnelles comme celle sur l’assurance chômage par exemple, où le Medef bénéficie de six sièges, la CGPME de quatre et l’UPA d’un seul. Détail qui renforce leur détermination, c’est la même clé de répartition qui prévaut pour les diverses subventions publiques du fonds de gestion du dialogue social. Et pour la répartition des sièges dans les organismes paritaires.

Récupérer des postes

Or, la loi du 5 mars 2014 et celle du 8 août 2016 ont complétement modifié le cadre juridique de la représentativité patronale. Les deux critères importants sont maintenant le nombre d’entreprises adhérentes et le nombre de salariés couverts, selon un subtil calcul âprement négocié par les organisations patronales. « Nous allons représenter deux tiers des entreprises adhérentes à une organisation patronale, pronostique Patrick Liebus. Et c’est cette représentativité qui devra servir de jauge pour la répartition des postes dans les organismes paritaires. »

De quoi augurer un renouvellement des tensions avec le Medef et la CGPME. « On s’attend à quelques procédures et recours juridiques, avoue Jean-Pierre Crouzet. Mais on ne va pas demander son accord au Medef pour prendre la place qui nous revient… » Le feuilleton ne fait que commencer...

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