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Des entreprises s'attaquent au risque de la somnolence au volant

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Des entreprises s'attaquent au risque de la somnolence au volant

Les accidents de la route restent la première cause de mortalité au travail. Des entreprises misent sur la sensibilisation et des modifications de l’organisation du travail pour limiter les risques d’endormissement.

par Rozenn Le Saint 16/02/2017 Entreprise & Carrières

Des entreprises s'attaquent au risque de la somnolence au volant

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Quatre cent quatre-vingt-trois personnes ont per­du la vie lors d’un trajet domicile-travail ou d’un déplacement dans le cadre d’une mission professionnelle en 2015. Or dans 12 % des accidents, le facteur de la somnolence est présent ; il est même déterminant pour 72 % d’entre eux. Et dans 80 % des cas, il provoque une perte de contrôle, selon les chiffres de la sécurité routière. Délais serrés à respecter, pression du manager… Plus de six Français sur dix ne font jamais de pause pendant leurs trajets professionnels quelle que soit leur durée, selon le sondage Ifop sur la vigilance au volant mené en 2015 pour la sécurité routière. Ce qui explique les endormissements… et les accidents.

Pourtant, ils sont conscients du risque de somnolence puisque 45 % des conducteurs se sont déjà sentis très fatigués ; toutefois, ils ont tout de même continué leur route. 30 % ont déjà eu l’impression de s’être assoupis au volant quelques secondes. Et 25 % sont déjà sortis de la route pour cette raison. Une sensibilisation aux risques de la sécurité routière constitue la première démarche à mener pour les limiter. De quoi inciter les entreprises à mieux sensibiliser leurs salariés, notamment aux risques liés à la dette de sommeil, principale cause de la somnolence.

« Il faut distinguer la fatigue, liée à une longue journée, de la somnolence, liée au manque de sommeil », souligne le professeur Damien Léger, responsable du centre du sommeil et de la vigilance de l’AP-HP Hôtel-Dieu, à l’occasion de la conférence du 11 janvier organisée sur le sujet par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et Vinci Autoroutes. Et de rappeler que 30 % de la population active dort moins de six heures par jour en semaine, or la dette de sommeil multiplie par trois le risque d’accidents.

Autre cause de somnolence parfois méconnue : les effets secondaires de certains médicaments, comme les anti-allergiques. « La consommation d’alcool ou de drogues est également un facteur de somnolence au volant », rappelle Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière. Or, près de deux salariés sur dix conduisent après avoir bu de l’alcool, selon le sondage Ifop de 2015.

Autoévaluation. Enfin, l’autoévaluation des salariés via l’échelle d’Epworth* ou, tout simplement, l’agenda du sommeil – qui consiste à reporter tous les jours ses heures passées à dormir – peut permettre de déceler des maladies comme l’insomnie, l’apnée du sommeil, très fréquente, ou la narcolepsie, très rare. L’INSV dispose de 30 antennes en France et propose des tests de maintien d’éveil pour mieux mesurer les problèmes profonds de sommeil.

Équiper les véhicules de fonction d’un détecteur de somnolence, qui signale les sorties de route ou surveille les paupières, est une des options. Mais ce type d’équipement reste onéreux. Surtout, il s’agit d’une mesure corrective, alors qu’il vaut mieux privilégier la prévention.

« Les entreprises sont de plus en plus conscientes du risque et l’intègrent à présent dans leur document unique », assure Bernadette Moreau, déléguée générale de la fondation Vinci Autoroutes pour une conduite responsable. Et d’énumérer les mesures simples à mettre en place pour mieux prévenir les risques d’accidents sur la route, comme : se poser plus souvent la question de la réelle utilité du déplacement ; penser davantage au covoiturage entre collè­gues, ce qui permet de se relayer et de se maintenir éveillé en discutant ; prévoir l’organisation du travail pour que les déplacements soient réduits ; inclure les temps de pause dans les trajets ; et répéter la consigne qu’il vaut mieux s’arrêter en cas de fatigue.

Dissuasion Depuis le 1er janvier 2017, les ­employeurs sont obligés de dénoncer les salariés qui enfreignent le code de la route avec leur voiture de fonction. De quoi dissuader les entreprises qui, jusqu’à présent, profitaient du flou juridique pour éviter aux salariés chauffards de perdre des points de permis tant que l’amende était payée.

Alors pour éviter la rafale d’amendes qui risque de pleuvoir et mieux prévenir les dangers de la route depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, 22 entreprises représentant 1,1 million d’employés se sont engagées en octobre 2016 à mieux faire respecter le code de la route à leurs salariés. Airbus, Axa, Michelin, Danone, ou encore La Poste, ont signé sept engagements pour mieux prévenir le risque routier parmi lesquels « intégrer le temps de repos dans le calcul des trajets ».

 

* Série de questions qui permettent d’évaluer si le degré et la fréquence des périodes de somnolence dont une personne souffre nécessitent une prise en charge médicale.

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