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Grogne syndicale sur fond de revendications salariales à ID Logistics

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Grogne syndicale sur fond de revendications salariales à ID Logistics

  Grève et pneus qui brûlent soulignent l'insatisfaction des salariés. La CGT demandait une mise à niveau des bas salaires, disparates du fait d’un développement privilégiant la reprise de sociétés en difficulté.  

par Stéphanie Maurice 06/04/2017 Liaisons Sociales Magazine

Grogne syndicale sur fond de revendications salariales à ID Logistics
© CFDT

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Réussir l’unification des salaires et des avantages acquis n’est pas une mince affaire chez ID-Logistics, le logisticien français qui emploie 5500 personnes en France. Lors des dernières négociation annuelles obligatoires (NAO), mardi 4 avril, la grogne était de mise côté syndical. Refus général de signer l’accord sur les salaires proposé par la direction et blocage des entrepôts.

Mais pour le moment, la direction ne bouge pas de sa position : la proposition d’augmentation des salaires reste à 0,5%. De son côté, la CGT avait mis la barre très haut et demandait un rattrapage des rémunérations les plus basses, avec une augmentation de 300 euros. Une revendication pour tenter de satisfaire les employés historiques de l’entreprise, moins bien payés que ceux qui ont intégré ID-Logistics à la suite d’un rachat d’entreprise.

Chez ID-Logistics, un manutentionnaire touche 1080 euros nets par mois. Il bénéficie de tickets restaurants, d’une mutuelle et d’une prime de fin d’année de 1 500 euros. Quand ses collègues issus d’entreprises rachetées, gagneront plutôt 1 400 euros nets, avec un treizième mois, pour le même travail, dans le même entrepôt.

Croissance externe

Ces disparités proviennent de l’histoire de l’entreprise. Née en 2001, ID-Logistics dont le siège est à Cavaillon, a fondé sa croissance sur les rachats d’autres sociétés du secteur, en partie ou en totalité. En 2011, elle acquiert ainsi le pôle logistique de Mory. Le transporteur routier connaissait de grosses difficultés à cette époque.En 2013, elle absorbe CEPL, un groupe à dimension européenne qui emploie 2 200 personnes et s’est spécialisé dans la préparation de commandes au détail pour la parfumerie, la high tech et le textile.

ID-Logistics utilise également cette stratégie de développement dans les pays voisins, avec la reprise de l’espagnol Logiters en 2016, et l’ouverture d’une plate-forme en Belgique. Le groupe est aussi présent à l’international, en Afrique, en Asie et Amérique du Sud. Une stratégie qui semble bien fonctionner puisque son chiffre d’affaires 2016 dépasse le milliard d’euros, en croissance de 15% par rapport à 2015.

Hétérogénéité des niveaux de salaire

Cette croissance express pose la question de l’intégration des salariés, provenant d’autres entreprise. « Je me sens ID, mais vous gardez tout le temps l’étiquette de votre ancienne boîte ici. Le « toi, le DHL » revient tout le temps. Comme un tatouage », témoigne Stéphane Rochette, délégué central CFDT.

Il est arrivé à ID-Logistics avec ses avantages acquis : des primes de vacances, de samedi, de transports, un treizième mois… Il les a conservés 15 mois, le délai légal minimum imposé à un repreneur. Ensuite, elles sont passées à la moulinette de l’harmonisation. A chaque reprise, la direction réunit les organisations syndicales représentatives. Un accord est négocié pour les nouveaux venus et s’impose à tous. 

Dans le cas des anciens DHL, les primes de transport et de samedi ont été mensualisées et intégrées au salaire de base. « Avec toutes ces astuces, note Stéphane Rochette, on arrive à de grosses différences salariales et ça crée des tensions dans les équipes. » Si aucun accord collectif n’est trouvé, chaque salarié issu de l’entreprise rachetée doit décider individuellement s’il accepte ou préfère refuser la proposition de la direction.

Tendance vers le bas

Le cas n’est pas unique dans la logistique. « C’est un secteur en recomposition permanente », explique Jean-Louis Delaunay, responsable national CGT des activités transports routiers et logistique. « Quand les groupes veulent aller sur un nouveau marché, ou se concentrer sur un endroit particulier, ils revendent les parties qui ne les intéressent plus. » Pour les nouveaux employés issus de ces reprises, « la tendance est plutôt de tirer vers le bas », explique-t-il.

« Ou bien les directions font stagner les salaires pendant plusieurs années, pour remettre tout le monde sur un pied d’égalité ». C’est ce qui arrive à Stéphane Rochette : son treizième mois est gelé, quand la prime annuelle de ses camarades d’ID-Logistics est régulièrement revalorisée.

S’il comprend la revendication salariale portée par la CGT, il la modère : « Il ne faudrait pas que ceux qui ont été repris dans ID ne puissent plus rien demander pendant cinq ans », note-t-il. Jean-Marc Bouet, délégué central CFTC est d’accord, et préconise une hausse générale des salaires. «Nous sommes dans un groupe qui a fait 17,4 millions de bénéfices en 2016, souligne-t-il. Investir dans l’entreprise, c’est bien, mais il ne faudrait pas oublier que ce qui fait marcher l’entreprise, ce sont les hommes. »

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