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Réorganisation

Inquiétude des syndicats du groupe Thalès en France

La direction de Thalès a annoncé vouloir simplifier les structures juridiques du groupe en France en réduisant le nombre de sociétés. Les syndicats craignent une harmonisation vers le bas et veulent anticiper les conséquences du projet.      

par Lou-Eve Popper 13/04/2017 Liaisons Sociales Magazine

Inquiétude des syndicats du groupe Thalès en France
© Thalès Group

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La rumeur d’une réorganisation des entités juridiques françaises du groupe Thalès circulait depuis des mois. C’est désormais une certitude. Les 11 et 12 avril, les comités d’entreprises et comités centraux d’entreprises ont été convoqués en séances extraordinaires pour être informés d’une vaste opération de fusion/absorption entre des sociétés françaises du groupe.

Anne Cognieux, secrétaire générale adjointe de l’Inter CFDT, ne décolère pas : « Lorsque nous avions osé diffusé cette information en novembre 2016, on nous avait traité de pompiers pyromanes. Aujourd’hui, la direction nous met face au fait accompli. À aucun moment, elle ne nous a informé de ce projet. »

A l’avenir, treize entreprises de Thalès France seront ainsi regroupées dans trois grandes sociétés. Les grandes filiales absorberont leurs homologues plus petites. « Du côté de la direction, ils parlent de « simplification » des structures. Pour nous, il s’agit bien d’une restructuration, qui va occasionner d’importants changements », assure t-on à la CFDT.

Pertes d'avantages sociaux

De ce point de vue, l’une des principales craintes du syndicat est de perdre les avantages liés aux accords d’entreprise en vigueur, laissant le champ libre à des nouvelles négociations qui pourraient être moins favorables aux salariés.

« Nous n’avons pas signé l’accord Croissance et emploi en février dernier car la direction voulait augmenter le temps de travail. Elle va essayer de faire la même chose à l’occasion de cette fusion alors que le groupe ne fait face à aucune difficulté financière », affirme Anne Cognieux.

Une opinion que tempère Marc Cruciani, Vice-président du bureau de l’Inter-Centre CFE-CGC : « Nous ne sommes qu’au tout début du processus, nous n’avons aucune certitude sur la suite. Que la direction cherche à harmoniser vers le bas est seulement une possibilité ». Ce dernier approuve d’ailleurs le projet de simplification des structures, qui devrait selon lui rendre plus lisible le fonctionnement du groupe vis-à-vis des clients.

Réduction d'effectifs

L’autre crainte évoquée par les syndicats est la possibilité d’une réduction des effectifs, notamment dans les fonctions transverses. « Nous serons très vigilants sur ce point », déclare Laurent Trombini, représentant de la coordination CGT. « En cas de besoin, nous nous appuierons sur l’accord Croissance et emploi et notamment sur l’engagement de création de 1000 postes supplémentaires. Il nous servira de garantie, tout comme le nouvel accord d’Anticipation signé en 2013, qui doit assurer des requalifications et des formations aux salariés ».

Pour la CFDT, ces menaces sur l’emploi sont également liées à la digitalisation, « Une transformation dans l’ère du temps et qui est un facteur aggravant » soutient Anne Cognieux. De son côté, la CFE-CGC est beaucoup moins alarmiste : « il n’y a pas à redouter de suppression d’emplois. Le groupe est en croissance et les carnets de commandes sont bien remplis », assure Marc Cruciani.

Moins d'élus du personnel

Une autre inquiétude concerne le dialogue social. La CDFT pointe ainsi du doigt le risque d’une diminution de la représentation des salariés. « Avec la restructuration des structures, les nouvelles instances représentatives du personnel (IRP) qui vont se réunir regrouperont des sociétés aux activités extrêmement variées et ne pourront traiter que de sujets génériques », déplore Anne Cognieux.

Une crainte que partage également la CGT : «  Avoir un comité central d’entreprise (CCE) unique qui réunit autant d’activités peut avoir pour conséquence de restreindre le débat. Nous veillerons à ce que le CCE puisse durer au moins deux jours, que le nombre de membres soit suffisant et que les différentes activités soient équitablement représentées ».

Les petites sociétés pourraient effectivement pâtir le plus de la fusion. « Il faudra s’assurer que leurs revendications soient toujours entendues », plaide  Marc Cruciani. « Nous devrons nous assurer que ces petites sociétés puissent conserver leur identité après leur absorption car elles disposent de savoir-faire particuliers et sont parfois plus efficaces que des grosses structures », affirme t-il.

Enfin, la CGT reste pour sa part préoccupée par le sort de certaines entreprises que la direction n’a pas inclus dans le processus. Comme TAES qui devait être, au départ, intégrée dans la grande division de l’avionique civile et qui en a été finalement été écartée. Thales Global Services, une société qui regroupe les fonctions supports, comme les achats ou le service paie, ne sera pas non plus absorbée dans aucune des trois nouvelles entités.   

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