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Observatoire des inégalités

Les contraintes de travail s’accentuent

Mardi 30 mai, l’Observatoire des inégalités présentait son deuxième rapport sur les inégalités en France. Le collectif fait un constat alarmant sur les inégalités des conditions de travail. Mais surtout sur les contraintes de travail.

par Amandine Nilles 02/06/2017 Liaisons Sociales Magazine

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Améliorations des conditions de travail mais intensification des contraintes. Voici le constat que l’Observatoire des inégalités en matière d’emploi présente dans la deuxième édition de son rapport annuel.

Les conditions de travail se sont améliorées depuis les 50 dernières années. Les travailleurs sont mieux protégés des risques et le Code du travail tend de plus en plus à les protéger. Mais les rythmes de travail et les contraintes physiques deviennent de plus en plus pénibles.

Par contrainte physique, le ministère du Travail entend « rester longtemps debout ou dans une posture pénible, effectuer des déplacements fréquents ou déplacer et porter des charges lourdes. » Cette pénibilité physique est un critère majeur qui accroît les inégalités entre cadres et ouvriers.

Elle concerne 64,4% des ouvriers non qualifiés contre 7,9% des cadres. Par ailleurs, la part des salariés qui subissent ces contraintes a augmenté de six points entre 2005 et 2013 chez les ouvriers qualifiés, passant de 57,2% à 63,2%.

La valeur des heures de travail n’est pas la même

Louis Maurin, directeur général de l’Observatoire, explique que « les heures de travail n’ont pas la même valeur pour tous les travailleurs. » Il ajoute que « les écarts restent immenses entre les travailleurs en extérieur et ceux en intérieur. » Une heure de travail sous la pluie n’équivaut pas à une heure de travail dans un bureau. Cet aspect inégalitaire des conditions de travail n’est pas reconnu et considéré comme tel.

Les travailleurs sont de moins en moins autonomes

Le rapport met aussi en lumière le manque de liberté des employés. Ne pas pouvoir interrompre une tâche ou être dépendant physiquement d’une machine sont deux caractéristiques de cette situation. Plus généralement, ne pas pouvoir organiser soi-même son travail est très significatif.

Ce sont 38% des ouvriers non qualifiés qui ne peuvent pas interrompre une tâche à tout moment contre 18,6% des cadres. Le directeur général de l’observatoire qualifie cela de « servitude volontaire du travail. »

Ce phénomène se retrouve dans « l’ubérisation. » A l’inverse, Anne Brunner, directrice éditoriale, rappelle que « plus le salarié est haut dans la catégorie socioprofessionnelle, plus il va décider d’organiser son temps de travail. »

Les inégalités face aux maladies du travail s’accroissent

En plus des heures de travail et de la pénibilité physique, ce sont les risques de maladies au travail qui présentent des inégalités entre ouvriers et cadres supérieurs. Près de 10,9% des cadres respirent des poussières contre 66,3% des ouvriers.

Des écarts importants sont également visibles en matière d’exposition aux produits toxiques. Presque « douze fois plus d’ouvriers qualifiés que de cadres sont confrontés à ce risque. » (selon les données de 2010 du ministère du Travail).

Si la situation des cadres supérieurs est restée stable, voire s’est améliorée, celle des ouvriers ne cesse de se détériorer. Entre 2005 et 2013, « la part d’ouvriers au contact de poussières a progressé de deux points alors que celle des cadres supérieurs a baissé de quasiment d’autant. »

De manière générale, « un tiers des salariés sont exposés à des risques d’infection. Trois sur dix respirent des poussières ou sont au contact de produits dangereux », assure le ministère du Travail (données 2013).

Pour palier à ces inégalités et à toutes les autres, Louis Maurin, le Directeur de l'Observatoire des inégalités invite les dirigeants, soit à « assumer un discours qui consiste à dire que le meilleur gagne afin d’arrêter d’être hypocrite . » Soit à « mettre en place une réelle politique de réduction des inégalités. »

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